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21/12/2012 07:54 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

Des gardes du ministre irakien des Finances arrêtés pour "terrorisme"

Au moins neuf gardes du ministre irakien des Finances Rifaa al-Issawi ont été arrêtés sous des accusations de "terrorisme", ont indiqué vendredi des responsables irakiens.

M. Issawi avait réclamé jeudi soir la démission du Premier ministre Nouri al-Maliki après avoir fait état devant la presse d'un "raid" le jour-même à son domicile et au ministère, et de l'arrestation de 150 gardes.

Ces nouveaux développements risquent de relancer le conflit opposant le bloc laïc Iraqiya, soutenu par les sunnites et dont fait partie le ministre, à M. Maliki, un chiite.

Le porte-parole du Conseil supérieur de la justice, Abdelsattar Bayraqdar, a indiqué à l'AFP que neuf gardes de M. Issawi avaient été arrêtés en vertu de la loi antiterroriste.

Il a par ailleurs déclaré à la télévision publique Iraqiya que le chef des gardes avait avoué avoir perpétré des "actes terroristes".

Le ministère de l'Intérieur a indiqué sur son site que ses forces avaient procédé à des arrestations autour de la maison de M. Issawi, faisant état pour sa part de dix gardes arrêtés et publiant ce qu'il affirme être des copies des mandats d'arrêt.

M. Issawi avait dénoncé jeudi un "raid" mené contre sa maison et le ministère par une "milice", visiblement en référence à un groupe appartenant aux services de sécurité, et déploré un "acte illégal sans ordre de la justice".

"J'appelle le Premier ministre à démissionner, parce qu'il ne s'est pas comporté en homme d'Etat", avait-il dit lors d'une conférence de presse avec le président du Parlement Oussama al-Noujaifi et le vice-Premier ministre Saleh al-Moutlak, tous deux également membres d'Iraqia.

Vendredi dans un communiqué, le Premier ministre Nouri al-Maliki a fait état de l'arrestation de dix gardes du ministre des Finances avant d'exprimer son "étonnement" face au lien établi entre "l'affaire des détenus" et "des disputes politiques", qu'il a considéré comme une tentative de "pousser tout le pays vers un conflit confessionnel".

Niant la nature confessionnelle des arrestations, M. Maliki a estimé qu'"exécuter des ordres judiciaires à l'encontre de (personnes) accusées, ne signifie pas que l'on vise une confession religieuse en particulier".

Le Premier ministre a cependant affirmé dans un deuxième communiqué que certains membres des forces de sécurité "n'avaient pas agi professionnellement" lors des arrestations, précisant qu'il avait demandé qu'ils soient déférés devant la justice.

Près de 500 personnes ont manifesté vendredi à Ramadi, à l'ouest de Bagdad, pour dénoncer ces arrestations, alors que plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à Tikrit et Samarra, au nord de la capitale.

Le bloc Iraqiya et d'autres membres du fragile gouvernement d'union de M. Maliki l'accusent depuis plus d'un an de s'accaparer le pouvoir.

L'arrestation des gardes de M. Issawi intervient un an après celle de gardes du vice-président Tarek al-Hachémi, membre d'Iraqiya, également accusés de "terrorisme". Plusieurs d'entre eux ont depuis été condamnés à mort.

Un mandat d'arrêt a également été émis contre M. Hachémi, qui s'est enfui à l'étranger. Plusieurs fois condamné à mort par contumace, il rejette toutes les accusations portées contre lui --notamment de meurtre--, assurant qu'elles ont été montées de toutes pièces pour des raisons politiques.

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