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20/12/2012 11:10 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

Tunisie: le chef du gouvernement appelle à une trêve sociale

Le Premier ministre tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, a appelé jeudi à une trêve sociale jusqu'aux prochaines élections, au cours de la présentation du budget de l'Etat 2013 alors que le pays est confronté aux conflits sociaux et à l'insécurité.

"Nous invitons nos partenaires sociaux, en particulier l'Union générale tunisienne du travail (centrale syndicale historique) à observer une trêve sociale jusqu'à l'entrée en fonction du gouvernement qui sera issu des prochaines élections", a-t-il déclaré devant l'Assemblée nationale constituante (ANC).

"Cette accalmie sur le front social est l'une des conditions de mise en oeuvre du programme de développement et de l'instauration d'un climat favorable à l'investissement et à la tenue des élections", a-t-il plaidé.

Les législatives seront organisées "fin juin, début juillet" 2013 et la présidentielle aura lieu en septembre, a promis M. Jebali.

Son gouvernement était entré en conflit avec la centrale syndicale qui a appelé à une grève générale sur fond de frustrations sociales et pour dénoncer une attaque violente de ses locaux par des militants proches du parti islamiste Ennahda qui domine le gouvernement. Le débrayage prévu le 13 décembre a été annulé à la dernière minute.

Les élections restent tributaires de l'adoption d'une nouvelle Constitution dont la rédaction a pris du retard en l'absence de consensus sur la nature du futur régime politique.

Présentant la loi de finances, M. Jebali a affirmé que le gouvernement "devrait se consacrer davantage au développement du pays", reconnaissant implicitement l'échec de son équipe à réduire significativement le chômage et la misère qui étaient au coeur du soulèvement populaire de l'hiver 2010-2011.

Des conflits sociaux dégénèrent régulièrement. Ainsi fin novembre, manifestants et grévistes se sont affrontés pendant 5 jours à Siliana (sud-ouest) faisant quelque 300 blessés.

Le budget soumis à l'ANC a été fixé à 2,6 milliards de dinars (1,5 milliard euros), en hausse de 4,9% par rapport aux estimations du budget complémentaire de 2012.

La présentation du projet a lieu au lendemain de la nomination de Elyes Fakhfakh au ministère des Finances, poste vacant depuis la démission en juillet de son ancien titulaire.

Bsh/alf/feb