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20/12/2012 04:30 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Timide retour de Palestiniens au camp Yarmouk à Damas malgré les tirs

Des centaines Palestiniens revenaient jeudi matin vers le camp de réfugiés de Yarmouk à Damas en dépit de tirs sporadiques, certains pour se réinstaller, d'autres pour récupérer des affaires, ont affirmé à l'AFP des habitants.

"Depuis 06H00 (04H00 GMT), des centaines de Palestiniens passent à pied les points de contrôle de l'armée à l'entrée du camp. Beaucoup veulent se réinstaller plutôt que dormir dehors, d'autant qu'il pleut en abondance, et d'autres viennent chercher des affaires car ils sont convaincus que le conflit va durer", a affirmé un membre d'une organisation d'aide aux Palestiniens.

"Les soldats ne laissent pas entrer les voitures et leur disent qu'ils pénètrent à leurs risques et périls", a-t-il ajouté.

Selon un habitant qui venait de sortir, "les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), qui étaient des milliers il y a quelques jours, ont en grande partie disparu. Il y en a deux dans chaque ruelle qui boivent du thé et fument leur narguilé".

Mais, la "sanctuarisation" du camp est loin d'être réglée. L'un des combattants de l'ASL a affirmé qu'ils "ne partiront pas avant que l'armée du régime en fasse autant".

Des négociations avaient commencé mercredi pour faire sortir les rebelles syriens du camp de Yarmouk et le tenir à l'écart du conflit en Syrie, après de violents combats entre pro et anti-régime, selon une association de secours palestinienne.

Quelque 100.000 des 150.000 habitants de Yarmouk ont fui le camp et un grand nombre d'entre eux se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, a indiqué à Genève l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA). Plusieurs milliers ont gagné le Liban voisin selon la Sûreté générale libanaise.

"Des organisations palestiniennes neutres parrainent des négociations entre l'Armée syrienne libre et l'armée afin d'éloigner le conflit du camp, mais elles n'ont pas abouti pour le moment", avait dit mercredi soir l'organisation de secours qui a souhaité l'anonymat.

Il s'agit de faire en sorte que les combattants de l'ASL tout comme les miliciens palestiniens pro-régime quittent le camp et que la sécurité soit confiée à des personnalités palestiniennes "neutres", ne soutenant ni le régime ni la rébellion, selon cette source ainsi que des habitants et des militants impliqués dans les négociations.

"Le camp de Yarmouk est un refuge pour les Palestiniens et aucune des parties en conflit ne devrait y pénétrer", a dit un négociateur.

Selon des sources palestiennes, citées jeudi par le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, lors de sa prochaine visite en Syrie, dont la date n'a pas encore été décidée, le négociateur international Lakhdar Brahimi pourrait avancer des idées afin "de mettre à l'écart les camps palestiniens de la crise syrienne, ce qui incluera peut être le retrait des hommes armés du camp de Yarmouk, à condition que ni l'Armée syrienne, ni les comités populaire (pro-regime) n'y rentrent".

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