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20/12/2012 10:38 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

Soudan: le vice-président annonce la partition du Kordofan-Sud

La province soudanaise du Kordofan-Sud, en proie à la guerre, sera divisée et la partie occidentale de la région dominée par la tribu arabe des Misseriya aura un statut à part, a annoncé jeudi le gouvernement soudanais.

Le vice-président Ali Osmane Taha "annonce la création de la province du Kordofan-Ouest" à partir du 1er janvier, jour de l'Indépendance du Soudan, a rapporté l'agence officielle Suna dans une brève dépêche.

Cette décision répond aux "espoirs de la population dans la région", a dit M. Taha qui a fait l'annonce en inaugurant le nouveau champ pétrolier d'Al-Barsaia, selon l'agence de presse soudanaise.

La mesure rétablit la région du Kordofan-Ouest, éliminée en 2005 dans le cadre de l'accord de paix entre Khartoum et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A) qui avait mis fin à 23 ans de guerre civile.

Khartoum avait alors accepté d'unir les Kordofan-Sud et Ouest comme le réclamait le SPLM, qui soutenait des combattants originaires des Monts Nuba, chaîne montagneuse enjambant les deux régions.

Le Kordofan-Ouest abrite de nombreux champs pétroliers du Soudan, tout comme la région disputée d'Abyei, dont le statut final attend toujours d'être tranché.

Le Soudan et le Soudan du Sud ne sont pas parvenus à un accord sur la question d'Abyei avant la date butoir du 5 décembre, fixée par l'Union africaine.

L'UA a proposé de soumettre la question à référendum en octobre prochain pour décider si Abyei rejoindrait le Soudan ou le Soudan du Sud.

En vertu de ce plan, les membres de la tribu sudiste des Dinka vivant à Abyei auraient le droit de voter comme les Soudanais.

Les Misseriya (tribu arabe nomade pro-Khartoum) s'oppose vigoureusement au plan.

Situé le long de la nouvelle frontière avec le Soudan du Sud, le Kordofan-Sud comme le Nil Bleu, est en proie depuis l'été 2011 à des combats entre l'armée soudanaise et des rebelles dont une partie avait combattu au côté des Sudistes lors de la guerre civile (1983-2005) qui a abouti à la partition.

Khartoum soupçonne le Soudan du Sud de soutenir la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), ce que Juba et les rebelles démentent.

Plus de 900.000 personnes ont été déplacées ou sévèrement affectées par le conflit au Kordofan-Sud et dans la province du Nil Bleu, selon l'ONU.

Le gouvernement islamiste de Khartoum "veut faire plaisir aux Misseriya" en créant le Kordofan-Ouest, mais cette question n'est pas une priorité pour les rebelles qui font partie d'un Front révolutionnaire avec d'autres rebelles du Soudan, a déclaré à l'AFP le porte-parole du SPLM-N, Arnu Ngutulu Lodi.

"Notre priorité est de combattre jusqu'à nous débarrasser du gouvernement" et assurer une plus grande démocratie, le respect de la diversité ethnique et des droits de l'Homme", a-t-il insisté.

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