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20/12/2012 10:08 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

Retour des Palestiniens au camp Yarmouk, des communautés menacées selon l'Onu

Des milliers de Palestiniens sont revenus jeudi dans le camp de réfugiés de Yarmouk à Damas en dépit de tirs sporadiques, au moment où les enquêteurs de l'ONU ont estimé dans leur dernier rapport sur la Syrie que des "communautés entières" sont menacées.

A Moscou, le président russe Vladimir Poutine, un allié du régime syrien, s'est défendu de vouloir maintenir "à tout prix" le président Bachar al-Assad et a assuré encourager au dialogue pour éviter une désintégration du pays.

"Depuis 06H00 (04H00 GMT), des milliers de Palestiniens ont traversé à pied les points de contrôle de l'armée à l'entrée du camp pour s'y réinstaller", a affirmé un membre d'une organisation d'aide aux Palestiniens, alors que des tirs sporadiques étaient entendus dans le camp qui fut le théâtre de violents combats entre rebelles et soldats.

Beaucoup entonnaient des chansons palestiniennes et scandaient "Nous rentrons au camp Yarmouk", a affirmé un habitant. L'agence officielle Sana a fait état de "manifestations demandant le départ des groupes terroristes", qui dans la terminologie du régime signifie les rebelles.

Selon un autre Palestinien, "les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, rébellion) ont pratiquement disparu. Il y en a deux dans chaque ruelle qui boivent du thé et fument leur narguilé".

Mais, la "sanctuarisation" du camp est loin d'être réglée. Des informations contradictoires circulaient sur un accord. Un dirigeant du mouvement palestinien Fatah, Azzam al-Ahmad, a assuré à la radio "Voix de la Palestine" qu'un "accord préliminaire était intervenu entre toutes les parties à Damas pour le retrait des combattants de l'opposition et du régime".

Mais Anwar Raja, porte-parole du Front Populaire de Libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG, pro-régime) l'a démenti. "Il y a eu seulement une décision populaire des Palestiniens de rentrer car ils préfèrent mourir dans le camp plutôt que de connaître un nouvel exil".

Des négociations avaient commencé mercredi pour faire sortir les rebelles du camp et le tenir à l'écart de la guerre en Syrie, après de violents combats entre pro et anti-régime.

Quelque 100.000 des 150.000 habitants ont fui le camp. Un grand nombre se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, avait indiqué l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA). Environ 2.800 ont gagné le Liban voisin, selon la Sûreté générale libanaise.

"Conflit intercommunautaire"

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Le ministère syrien des Affaires étrangères a adressé deux lettres à l'ONU, au président du Conseil de sécurité et au secrétaire général, pour qu'ils demandent "aux pays ayant encouragé les groupes terroristes armés à occuper Yarmouk (...) à les forcer à sortir du camp pour préserver la vie des refugiés palestiniens et empêcher le meurtre et la destruction".

Dans un rapport alarmant, les enquêteurs de l'ONU estiment que le conflit après 21 mois, est désormais "ouvertement intercommunautaire", et que des "communautés entières" sont menacées.

Ils citent les tensions entre les chiites et les sunnites avant de souligner que "les autres minorités, comme les Arméniens, les Chrétiens, les Druzes, les Palestiniens, les Kurdes et les Turkmènes ont été emportés par le conflit. Cependant les divisions intercommunautaires sont les plus marquées entre la communauté Alaouite (...) et la communauté sunnite".

A Moscou, Vladimir Poutine a répété la position traditionnelle de son pays. "Ce n'est pas de laisser le régime d'Assad au pouvoir à tout prix, mais d'abord de (laisser les Syriens, NDLR) se mettre d'accord entre eux pour décider comment ils veulent continuer à vivre", a -t-il dit.

"Alors seulement nous pourrons commencer à réfléchir aux moyens de changer le pouvoir en place", a-t-il poursuivi.

A Damas, deux neveux du vice-président syrien Farouk al-Chareh et cinq autres opposants favorables à un changement démocratique en Syrie, ont été arrêtés récemment à Damas, a annoncé jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)

M. Chareh a affiché ouvertement cette semaine ses divergences avec Bachar al-Assad en se prononçant pour une solution négociée alors que, selon lui, le président syrien opte pour l'option militaire afin d'écraser la rébellion armée.

bur/sk/hj