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20/12/2012 02:54 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

La Syrie, en pleine guerre, remporte une coupe asiatique

La Syrie, qui depuis près de deux ans ne connaît que mort et désolation, a pu brièvement sourire jeudi avec la victoire de son équipe nationale de football vainqueur de la Coupe d'Asie occidentale.

En dépit de la guerre civile qui ravage le pays faisant déjà 44.000 morts, l'équipe de Syrie l'a emporté sur celle d'Irak par 1-0 grâce au but d'Ahmad Saleh à la 73e minute, lors du tournoi qui s'est déroulé au Koweït.

La télévision officielle syrienne a interrompu ses émissions pour annoncer ce premier titre dans cette compétition qui se tient tous les deux ans depuis l'an 2000. Elle a montré en direct la remise de la coupe à l'équipe syrienne et repassant en boucle le but de la victoire et ce succès a été salué par le commandement du parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle.

"Même le football n'a pas échappé aux médias assoiffés de sang qui ont cherché à gâcher la joie de notre peuple après cette victoire en diffusant des informations mensongères sur une coupure généralisée du courant électrique à Damas et des affrontements", a affirmé la télévision syrienne.

Des chaînes d'information arabes avaient en en effet annoncé dans la soirée une coupure d'électricité généralisée à Damas.

Une page postée sur Facebook et intitulée "Chou ismo" (quel est son nom) affirme: "La victoire n'a rien à faire ni avec le président ni avec avec les rebelles. C'est la victoire de onze joueurs qui ont gagné pour tout le pays. Ce qui est sûr c'est que tous les joueurs sont Syriens: certains sont pro-régime, d'autre sont anti-régime et certains sont neutres."

Dans la Vieille ville de Homs, cette victoire n'a pas été accueillie avec joie par le militant anti-régime Abou Bilal.

"Goooooaaaal pour l'équipe syrienne du régime". "L'armée a célébré la victoire en nous bombardant", a-t-il dit à l'AFP.

Le conflit en Syrie a poussé plus de 50 footballeurs à s'exiler dans les pays voisins et d'autres attendent leur tour. Ruinés, les clubs se sont résignés à laisser partir leurs meilleurs éléments pour empocher l'indemnité de transfert.

Des entraîneurs syriens ont également choisi de partir, gagnant la Jordanie, le Liban, l'Irak et le sultanat d'Oman.

Les violences ont aussi vidé les stades, dans un pays pourtant grand amateur de football.

Pour la saison 2010/2011, la phase retour du championnat de football a été annulée, remplacée par un mini tournoi entre les quatre équipes arrivées en tête à l'issue des matches aller. Mais deux équipes ont déclaré forfait et le titre s'est finalement décidé, ironiquement, lors d'un match opposant l'équipe de l'armée à celle de la police et remportée par cette dernière.

Les deux clubs de Homs et celui d'Idleb, des villes bastions de la révolte, se sont désistés. La plupart des matches se sont joués dans la capitale devant des centaines, parfois seulement des dizaines, de supporteurs.

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