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20/12/2012 08:22 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

Iran: Permission de sortie pour un proche d'Ahmadinejad en détention

L'ancien conseiller pour la presse du président Mahmoud Ahmadinejad, qui purge une peine de prison pour avoir insulté le guide suprême iranien, a obtenu une permission de quatre jours pour raisons médicales, a indiqué jeudi le quotidien gouvernemental Iran.

"Ali Akbar Javanfekr a été libéré à minuit (...) sa permission de quatre jours est accordée pour raisons médicales et il retournera ensuite en prison", a rapporté le quotidien dont M. Javanfekr est l'ex-directeur.

"Avoir une permission de sortie est une chose normale pour tous les prisonniers (..) notamment pour raisons médicales", a pour sa part souligné son avocat, Ghahreman Shojaei.

Interrogé par l'agence Fars, M. Javanfekr a confirmé qu'il retournerait en cellule lundi matin, et qu'il se reposerait pendant cette permission afin de "pourvoir gérer les trois mois (lui) restant à purger".

M. Javanfekr avait été incarcéré en septembre à la prison d'Evine, dans le nord de Téhéran, après sa condamnation en appel à six mois de prison pour publication d'informations jugées "contraires aux codes islamiques et à la morale", et pour "insulte au Guide" de la république islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. Egalement dirigeant de l'agence Irna, il s'était également vu interdire toute activité médiatique.

Selon son avocat, les poursuites étaient liées à la publication dans un magazine d'Etat contrôlé par M. Javanfekr d'un article critique sur l'obligation faite aux femmes de porter le foulard islamique en Iran.

Cette affaire a souligné les tensions entre la présidence et le pouvoir judiciaire, contrôlé par la ligne dure du régime, qui a refusé en octobre d'autoriser une visite de M. Ahmadinejad à Evine, l'établissement rassemblant la plupart des détenus politiques. L'autorité judiciaire avait estimé que cette visite n'était "pas une priorité" dans un contexte de crise économique et qu'elle avait "une dimension politique".

Les ultraconservateurs ont lancé l'an dernier une violente campagne contre le président Ahmadinejad et certains de ses proches, accusés de "déviationnisme" et de remise en cause des fondements de la République islamique. Mais l'entourage présidentiel estime que la justice s'en prend aux proches de M. Ahmadinejad pour faire pression sur lui.

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