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20/12/2012 04:50 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Feu vert initial israélien à une grande colonie en Cisjordanie

Le gouvernement israélien a donné son feu vert à la phase initiale d'un projet prévoyant la création d'une colonie dans un important bloc d'implantations en Cisjordanie occupée, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Cette décision des autorités en Israël, en pleine campagne électorale, intervient après l'annonce de milliers de logements en quelques jours dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées, qui ont suscité des condamnations internationales.

"Les colons et le gouvernement israéliens doivent savoir qu'ils devront rendre des comptes", a réagi dans une déclaration à l'AFP le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, rappelant le statut d'Etat observateur acquis par la Palestine à l'ONU, qui lui ouvre de nouvelles possibilités de recours devant les instances judiciaires internationales.

"Après de nombreuses années, nous sommes heureux de pouvoir annoncer que le gouvernement d'Israël a décidé de créer une ville dans le Goush Etzion", a affirmé à l'AFP David Perel, chef du Conseil régional de cet important bloc de colonies.

Selon lui, le gouvernement a donné son accord à la planification d'un projet de construction de 523 logements dans le secteur de Gevaot, présenté en 2000 par le Conseil régional du Goush Etzion et resté lettre morte jusqu'ici, qui prévoit à terme la construction de 6.000 logements.

"Le ministère de la Défense a donné son feu vert à la phase initiale de ce projet de construction de 523 logements dans le secteur de Gevaot", a confirmé à l'AFP Hagit Ofran, une porte-parole de La Paix Maintenant, une ONG israélienne anti-colonisation.

La phase enclenchée par le ministère de la Défense permet au public d'émettre d'éventuelles objections à ce projet visant à créer une continuité territoriale juive entre le Goush Etzion et les quartiers de colonisation du sud de Jérusalem, a souligné Mme Ofran.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du ministère de la Défense n'a ni confirmé ni démenti ces informations dans l'immédiat.

La représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères Catherine Ashton a dénoncé jeudi "l'expansion sans précédent de colonies autour de Jérusalem".

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité, à l'exception notable des Etats-Unis, ainsi que l'ONU, ont demandé mercredi à Israël de renoncer à ses plans de colonisation.

Ces projets promus par Israël "envoient un message négatif et font douter de sa volonté de négocier", ont souligné les quatre Etats européens membres du Conseil (France, Grande-Bretagne, Allemagne et Portugal) dans une déclaration commune, s'inquiétant en particulier du projet E1, qui "risquerait de séparer Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie".

Dans un communiqué, l'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, ONU, Russie) Tony Blair a dit "approuver totalement ces déclarations", estimant que "le problème n'est pas seulement la construction de telles colonies, mais le fait que c'est un moment vital pour relancer une véritable négociation".

Dans un communiqué mercredi soir, le porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Mark Regev, a précisé que "la construction actuelle porte sur 3.000 logements, conformément à la décision du gouvernement du 30 novembre", en référence au projet E1, soulignant que toutes les annonces ultérieures "nécessitaient une décision séparée du gouvernement pour que la construction démarre".

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