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19/12/2012 08:12 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Transat ne croit pas qu'Air Canada rouge aura un gros impact sur ses activités

MONTRÉAL - Le président-fondateur de Transat (TSX:TRZ.B), Jean-Marc Eustache, ne croit pas que l'arrivée d'Air Canada rouge, l'été prochain, aura un gros impact sur les activités de son entreprise.

Au cours d'une téléconférence pour commenter les résultats du quatrième trimestre de Transat, mercredi, M. Eustache a rappelé que plusieurs des liaisons qui seront offertes par la nouvelle filiale à rabais remplaceront des vols existants d'Air Canada (TSX:AC.B).

«Alors pour moi, il n'y a pas vraiment de différence», a lancé le coloré PDG.

Lorsqu'elle amorcera ses activités, en juillet prochain, Air Canada rouge reliera Toronto à Athènes, Édimbourg et Venise ainsi que Montréal à Athènes. L'hiver prochain, Air Canada rouge offrira des vols entre Toronto et 10 destinations soleil. Or, Air Canada effectue déjà toutes ces liaisons, sauf celle entre Toronto et Édimbourg (que Transat ne dessert pas non plus).

«Ce ne sont pas des nouveaux avions, a noté Jean-Marc Eustache. Il ne faut pas se leurrer. Ce qu'ils font, c'est qu'ils augmentent le nombre de sièges dans les avions.»

Air Canada rouge débutera avec quatre avions, mais espère exploiter à terme jusqu'à 50 appareils.

Le grand patron de Transat ne craint pas davantage la structure de coûts allégée de la nouvelle filiale, qui bénéficiera notamment de concessions salariales obtenues de la part des syndicats des pilotes et des agents de bord.

«Air Canada, ça reste Air Canada», a ironisé Jean-Marc Eustache, en assurant que la structure de coûts de Transat allait probablement demeurer inférieure à celle d'Air Canada rouge. Notons que Transat a récemment obtenu des concessions de la part de ses pilotes et de ses agents de bord.

M. Eustache a rappelé qu'au fil des ans, son entreprise a vu naître et disparaître bon nombre de concurrents à faibles coûts comme Canada 3000, Go Travel Direct, Royal, Zoom et Jetsgo.

Il a également souligné que les vols les plus rentables de Transat étaient ceux reliant Paris à Montréal, Québec, Toronto, Calgary et Vancouver. Or, sur plusieurs de ces liaisons, deux autres transporteurs sont présents: Air France et Air Canada.

Jean-Marc Eustache a néanmoins déclaré que lui et son équipe allaient «examiner la situation de très près».

«Si demain matin, quelqu'un arrivait et mettait 50 avions complètement nouveaux sur le marché, je pense que je prendrais immédiatement ma retraite cette journée-là», a lâché le dirigeant.

Erreur comptable

Transat a devancé d'une journée la présentation des résultats de son quatrième trimestre pour répondre aux allégations d'un groupe d'employés mécontents de la direction de M. Eustache. Ils ont affirmé au quotidien montréalais The Gazette qu'une filiale britannique acquise par Transat en 2006 avait été victime d'une fraude de 25 millions $ étalée sur cinq ans.

«Je peux vous dire qu'il n'y a pas de fraude», a répliqué mercredi le chef de la direction financière du voyagiste, Denis Pétrin.

Celui-ci a toutefois admis qu'une erreur de comptabilisation des revenus de la filiale britannique a eu pour effet de surestimer de 11,7 millions $ les profits de Transat pour la période allant de 2006 à 2010.

En 2011, l'erreur a eu pour effet de surestimer de 2,9 millions $ (huit cents par action) les résultats de Transat. L'entreprise a corrigé le tout mercredi, faisant passer la perte nette annuelle de l'entreprise de 11,8 à 14,7 millions $.

Transat a dit avoir mis en place des «mesures correctives» pour éviter que pareille situation ne se reproduise à l'avenir.

Résultats

L'entreprise a par ailleurs publié mercredi des résultats supérieurs aux attentes pour son quatrième trimestre de 2012, qui a pris fin le 31 octobre.

Les profits nets ont atteint 16,6 millions $ alors que l'an dernier, Transat avait subi une perte de 7,3 millions $.

En excluant divers éléments exceptionnels, dont une dépréciation de 15 millions $ des activités françaises de Transat en Afrique du Nord liée aux perturbations du Printemps arabe, le bénéfice par action s'est élevé à 75 cents. Les analystes financiers tablaient en moyenne sur 43 cents.

L'entreprise a tiré profit des mesures de redressement mises en place l'an dernier, y compris une baisse de 10 pour cent de la capacité, des compressions budgétaires et l'amélioration des systèmes informatiques pour gérer avec plus de précision l'évolution des prix de vente.

Les revenus se sont établis à 763,4 millions $, en baisse de 5,3 pour cent, en raison principalement de la diminution de la capacité.

Transat a terminé l'année avec une perte nette de 16,7 millions $, comparativement à une perte nette de 14,7 millions $ l'année précédente. Les revenus ont totalisé 3,7 milliards $, en hausse de 1,6 pour cent.

Pour la saison d'hiver, qui commence ces jours-ci, Transat a aussi diminué sa capacité de 10 pour cent (destinations soleil). Jusqu'ici, les prix de vente sont supérieurs à ceux de l'an dernier alors que les taux de remplissage des avions sont semblables.

L'action de Transat a gagné 4,8 pour cent mercredi pour clôturer à 5,93 $, à la Bourse de Toronto.