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19/12/2012 05:41 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Négociations pour faire sortir les rebelles d'un camp palestinien à Damas

Des négociations sont en cours mercredi pour faire sortir les rebelles syriens du camp palestinien de Yarmouk à Damas et le tenir à l'écart du conflit après de violents combats entre partisans et opposants du régime, selon une organisation de secours palestinienne.

"Des organisations palestiniennes neutres parrainent actuellement des négociations entre (les rebelles de) l'Armée syrienne libre (ASL) et l'armée syrienne afin d'éloigner le conflit du camp, mais elles n'ont pas abouti pour le moment", a indiqué cette organisation qui n'a pas souhaité que son nom soit dévoilé.

Il s'agit de faire en sorte que les combattants de l'ASL tout comme les miliciens palestiniens pro-régime quittent le camp et que la sécurité soit confiée à des personnalités palestiniennes "neutres", a ajouté cette source ainsi que des habitants et des militants impliqués dans les négociations.

"Le camp Yarmouk est un asile, un refuge pour les Palestiniens et aucune des parties en conflit (en Syrie) ne devrait y pénétrer", a ajouté un des négociateurs, sous couvert de l'anonymat. Il a précisé que par "organisations neutres" il entendait des militants n'étant ni pour le régime ni engagés avec la rébellion.

Selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, "l'armée syrienne continuait à envoyer des renforts aux abords du camp Yarmouk pour y pénétrer, alors que des soldats ont fermé les routes y conduisant pour préserver la sécurité des citoyens".

Mardi, plusieurs raids avaient visé le camp de Yarmouk abritant habituellement 150.000 Palestiniens tandis que des combats et des bombardements se déroulaient dans le quartier proche de Tadamoun, ainsi que dans d'autres secteurs pauvres du sud de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Un premier raid dimanche avait fait huit morts dans le camp, suivi de violents combats lundi.

Les rebelles, appuyés par des combattants palestiniens qui leur sont acquis, avaient réussi plus tôt à chasser d'une grande partie du camp des miliciens palestiniens favorables au régime, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins en Syrie.

"C'est une véritable catastrophe humanitaire, c'est une deuxième Nakba pour les Palestiniens", a assuré un habitant du camp. Le mot "nakba", qui signifie catastrophe en arabe, fait référence à l'exode massif en 1948, lorsque les Palestiniens ont perdu leurs biens et leur terre après la création de l'Etat d'Israël.

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont fui les violences dans le camp et se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, ne trouvant pas où loger et ne pouvant louer des maisons à cause des prix élevés. Selon la Sûreté générale libanaise, 2.200 d'entre eux ont franchi la frontière entre samedi et mercredi pour y trouver un abri.

Selon un photographe de l'AFP, des centaines de personnes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, attendaient mercredi d'entrer au Liban. Ils n'ont avec eux que des petits sacs et quelques vêtements de rechange. Beaucoup se plaignent d'avoir été forcés de partir à cause d'un conflit auquel ils n'ont pas pris part.

"Nous ne savons pas où aller et ce que nous allons faire" a confié à l'AFP Oum Ahmad, qui attendait au poste de frontière libanais de Masnaa avec ses cinq enfants et son mari blessé. "Il a été gravement touché quand un immeuble s'est effondré lors d'un raid aérien", a-t-elle raconté.

Son mari est resté une journée entière sous les décombres et quand il a été sauvé, il est apparu que la gangrène avait atteint une de ses jambes.

bur/sw