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19/12/2012 04:42 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Les réfugiés palestiniens fuient leur camp en Syrie pour un autre au Liban

Dans le salon d'Oum Khaled il n'y a plus de place pour s'asseoir: cette habitante d'un camp de réfugiés palestiniens au Liban héberge une soixantaine de ses compatriotes ayant fui les combats dans leurs camps en Syrie.

Frappés par la malédiction de l'exode, des centaines de Palestiniens habitant notamment le camp de réfugiés de Yarmouk, en proie à une violente bataille entre rebelles et combattants pro-régime, ont dû le quitter pour le Liban voisin, laissant derrière eux mort et désolation.

"Le salon a été transformé en chambre à coucher, et il n'y a pas d'endroit pour s'asseoir. Même dans le couloir il y a des matelas", dit Oum Khaled qui vit dans le camp d'al-Baddawi, au Liban-nord.

Lundi, "20 personnes sont arrivées chez moi, des enfants, des femmes et des personnes âgés de Yarmouk", ajoute cette femme de 50 ans qui hébergeait déjà 40 autres réfugiés.

Plus de 2.000 Palestiniens du camp de Yarmouk sont arrivés depuis samedi au Liban, selon des estimations de la sécurité libanaise et de l'ONU. Un responsable de la Sureté générale a affirmé à l'AFP qu'en raison de la situation, des visas de trois mois étaient accordés au lieu d'une semaine auparavant. A bord de dizaines de bus bondés, d'autres Palestiniens attendent à la frontière de pouvoir entrer au Liban.

Des habitants du camp de Baddawi racontent avoir reçu des coups de fil de leurs proches leur expliquant qu'ils étaient bloqués à la frontière en raison du temps pris pour finir les procédures d'entrée.

Selon Rabih Damess, responsable d'un comité libano-palestinien pour les réfugiés dans les camps palestiniens de Baddawi et de Nahr al-Bared, également dans le nord du Liban, 60 à 70 familles y sont arrivées ces dernières 48 heures.

"La situation des familles est désastreuse et la plupart d'entre elles ont été contraintes à quitter leurs domiciles sans rien emporter", a-t-il dit.

"J'habite actuellement dans une seule habitation avec six familles palestiniennes de Syrie. En tout, nous sommes près de 50 personnes. J'ai fait fuir mes enfants de Yarmouk, mais mon mari est resté là-bas", indique Oum Ahmed, 45 ans, arrivée lundi à Baddawi.

"Des hommes armés nous ont demandé de quitter nos maisons. Nous sommes sortis et nous nous sommes dirigés en bus vers la frontière syro-libanaise. Là-bas, des centaines de familles attendent de pouvoir entrer" au Liban, déclare Oum Amr, 35 ans.

Des propos confirmés par Khaled al-Cheikh, 65 ans, qui affirme avoir vu à Yarmouk "des centaines d'hommes armés dans les rues portant des drapeaux de l'opposition et des drapeaux de l'islam".

Il raconte avoir pris la fuite avec sa femme, sa fille et ses petits-enfants. "Mais mon jeune fils est resté et je ne sais pas ce qu'il est devenu".

Face au flux de réfugiés, la porte-parole au Liban de l'Agence de l'ONU unies pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA), Hoda Samra, a expliqué que l'organisation faisait face à un manque de logements et de produits alimentaires de base.

L'Agence a cependant mis à leur disposition ses cliniques alors que les enfants ont obtenu des salles spéciales dans les écoles qu'elle gère. L'UNRWA leur a même "préparé des programmes scolaires adaptés, le programme libanais différant du programme syrien", a ajouté Mme Samra.

Elle leur a en outre fourni des "bons pour l'achat de vêtements" pour faire face aux grands froids de l'hiver, en coopération avec d'autres associations.

Mais Mme Samra a souligné que l'organisation n'avait reçu que 760.000 dollars des 8,2 millions de dollars réclamés pour aider "les 10.00 Palestiniens arrivés au Liban ces derniers mois", qualifiant de "catastrophique" la situation des réfugiés.

Et devant le désarroi de ces Palestiniens, acculés de nouveau à quitter leurs foyers, Amna, 35 ans, résume: "Notre slogan n'est plus le retour en Palestine, maintenant c'est le retour à Yarmouk".

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