NOUVELLES
19/12/2012 08:02 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Le grand mufti de Syrie: changer le régime par le dialogue (agence)

Le grand mufti de Syrie, cheikh Ahmad Badreddine Hassoun, a demandé à l'opposition au régime du président Bachar al-Assad, secoué par une révolte populaire transformée en conflit armé, de "changer le régime par le dialogue et non par la force".

"Les membres de l'opposition extérieure vont être contraints en fin de compte à s'asseoir à la table des négociations", a affirmé le mufti, dans un exposé, dont des extraits sont publiés mercredi par l'agence officielle Sana.

Le dignitaire religieux sunnite a appelé les opposants à en "prendre l'initiative", et "tous ceux qui portent les armes à cesser leurs pratiques, à jeter les armes, car changer le régime ne se fait pas par la force mais par le dialogue".

Le grand mufti, considéré comme étant un proche du président Assad -qui fait partie de la minorité alaouite (une branche du chiisme)-, a demandé à toutes les composantes de l'opposition à "rentrer en Syrie, à écouter les doléances du peuple et à ne pas demander l'aide de pays connus pour leur hostilité historique à cette région".

Le mufti Hassoun s'est dit "étonné" de tous ceux qui "ont pris les armes contre l'Etat et ses institutions et contre leurs frères dans la patrie. Il est devenu urgent et nécessaire de renoncer à cette option et de reprendre le chemin du dialogue pour réédifier la Syrie", a-t-il poursuivi.

Dans un entretien accordé au quotidien libanais "al-Akhbar" et publié lundi, le vice-président syrien Farouk al-Chareh s'était prononcé pour un "règlement historique" car aucun des belligérants ne pouvait l'emporter.

"Aucune rébellion ne peut mettre un terme à la bataille militairement. Tout comme (les opérations) des forces de sécurité et des unités de l'armée ne mettront pas un terme à la bataille" non plus, avait assuré M. Chareh, vice-président depuis 2006 et personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir contesté.

Le régime syrien qui ne reconnaît pas la contestation et l'assimile à du "terrorisme", appelle régulièrement au dialogue, une position rejetée par l'opposition qui refuse de négocier avant un départ de M. Assad.

Depuis le début le 15 mars 2011 d'une révolte populaire contre le régime, devenue conflit armé, 43.000 personnes ont été tuées en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

rm/sk/sw