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19/12/2012 02:45 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

La spectaculaire vidéo d'un enfant attaqué par un aigle royal était un canular

MONTRÉAL - Les Québécois et les touristes n'ont plus de raison de s'inquiéter : leur enfant ne se fera pas «kidnapper» par un aigle royal lors d'une éventuelle visite à Montréal.

Les créateurs d'une vidéo produite à Montréal et mise en ligne sur YouTube, montrant l'imposant rapace arrachant du sol un jeune enfant sous les yeux de son père, ont confirmé mercredi qu'il s'agissait d'un canular.

Cet aveu est survenu au moment où la vidéo était visionnée des millions de fois en quelques heures à peine et faisait l'objet de reportages lors de bulletins de nouvelles un peu partout sur la planète.

En fait, la vidéo a été produite par des étudiants d'un centre de formation en imagerie de synthèse, dans le cadre d'un projet scolaire. Leur mandat : créer à la fois une vidéo «virale» et un canular.

Les étudiants n'ont plus à s'inquiéter du score qui leur sera attribué pour ce devoir; on leur avait promis une note de 100 pour cent si la page faisait l'objet d'au moins 100 000 visionnements.

Or, en l'espace de quelques heures, peu après l'heure du midi mercredi, l'objectif avait été fracassé dans une proportion supérieure à 50 fois.

«Ce matin, on s'est réveillé et on n'avait aucune idée que ce serait aussi viral», a lancé Normand Archambault, l'un des créateurs de la vidéo, en compagnie de ses confrères de classe Antoine Seigle, Loïc Mireault et Félix Marquis-Poulin.

«On est tellement content qu'elle ait attrapé autant de gens au début. Et maintenant que les gens savent que c'est un canular, on voit quand même que le nombre de vues augmente et augmente sur Internet. On ne savait pas quoi dire ce matin!», a ajouté l'étudiant de 22 ans.

La vidéo a été reprise par des journaux au Royaume-Uni, fait l'objet d'un «gazouillis» d'au moins un courriériste de la Maison-Blanche, a été transmise sur les fils de presse, par l'entremise d'Agence France Presse, et reproduite dans de nombreuses publications internationales.

Un lecteur de nouvelles au Mexique a créé un lien sur son compte Twitter, et la télévision russe l'a diffusée, tout ça, au grand étonnement de M. Archambault.

«Wow! J'ignorais cela», a-t-il confié, lorsque mis au courant par un journaliste lors de l'une des nombreuses entrevues qu'il a accordées.

Claude Arsenault, porte-parole du Centre NAD, que fréquentent les quatre étudiants, a expliqué que l'enfant et l'aigle ont été créés en animation 3D par les étudiants puis intégrés dans un tournage réel.

L'idée d'illustrer un aigle kidnappant un jeune enfant est venue à l'issue d'une séance de «remue-méninges». Le groupe a scruté YouTube afin de déceler ce que les gens y regardent.

«Les bébés et les animaux sont très populaires», a constaté M. Archambault.

Pour cette raison, les étudiants ont combiné les deux éléments, en se disant que si l'idée fonctionne, tout le monde voudra visionner la vidéo.

Avant la mise au point du Centre NAD, un débat en ligne a fait rage à savoir s'il s'agissait d'un canular. Certains médias ayant repris ces images abordaient l'incident de manière sérieuse, alors que d'autres prévenaient qu'il pouvait s'agir d'une tromperie.

L'Agence France Presse a notamment rappelé les histoires étranges issues du Canada et «mettant en vedette» des animaux, une référence à celle du singe vêtu d'un imperméable gambadant dans une aire de stationnement d'un commerce de Toronto la semaine dernière.