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19/12/2012 12:37 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Hollande affirme ne pas être venu en Algérie faire "repentance ou excuses"

Le président de la France François Hollande a affirmé mercredi qu'il n'était pas venu en Algérie "faire repentance ou excuses", au premier jour de sa visite d'Etat dans cette ancienne colonie française.

"Je ne viens pas ici --ce n'est ni ce qui m'est demandé, ni ce que je veux faire-- faire repentance ou excuses. Je viens dire ce qu'est la vérité, ce qu'est l'Histoire", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Alger.

"Il y a une vérité à dire sur le passé et il y a surtout une volonté à prononcer pour l'avenir. Et ce voyage, il est sur l'avenir, il est pour engager une mobilisation de nos deux sociétés", avait déclaré le président dans son propos liminaire.

"J'ai toujours été clair sur cette question: vérité sur le passé, vérité sur la colonisation, vérité sur la guerre avec ses drames, ses tragédies, vérité sur les mémoires blessées", a-t-il précisé en réponse à une question sur les demandes d'excuses ou de repentance qui se sont élevées en Algérie.

"Mais en même temps, volonté de faire que le passé ne nous empêche pas au contraire de faire le travail pour l'avenir. Le passé doit dès lors qu'il est reconnu nous permettre d'aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin pour préparer l'avenir. C'est ce que je dirai demain aux parlementaires algériens et au-delà aux Français et aux Algériens", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait de savoir s'il s'inscrivait en rupture par rapport à ses prédécesseurs Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, M. Hollande a répondu par la négative. "Tout cela n'est qu'une continuité, c'est l'époque qui a changé".

"Cinquante ans après l'indépendance, nous sommes capables de jeter un regard lucide sur le passé, de faire l'expérience de tout ce que nous avons pu réaliser ensemble, et puis d'ouvrir une nouvelle page, et donc de travailler maintenant avec le souci d'aller plus vite et plus loin. Je pense que c'est ça qui est demandé", selon lui.

Une dizaine de partis politiques, dont quatre islamistes, ont dénoncé en amont de la visite de M. Hollande en Algérie, "le refus des autorités françaises de reconnaître, excuser ou indemniser, matériellement et moralement, les crimes commis par la France coloniale en Algérie".

M. Hollande, qui a invité son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika à venir en "visite d'Etat" en France, a par ailleurs déclaré que la loi d'indemnisation des victimes des essais nucléaires français au Sahara algérien et en Polynésie française, devait être appliquée "pleinement. "Elle ne l'a certainement pas été avec la détermination nécessaire", selon lui.

Quelque 150.000 civils et militaires ont participé aux 210 essais conduits de 1960 à 1996.

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