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19/12/2012 09:15 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Colonies: Israël annonce des milliers de nouveaux logements à Jérusalem-Est

Les autorités en Israël, en pleine campagne électorale, ont annoncé en quelques jours des plans de construction de plus de 4.000 logements dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est occupé et annexé, malgré les condamnations internationales.

La municipalité israélienne de Jérusalem a approuvé mercredi un projet de construction de 2.610 logements à Givat Hamatos, situé dans le sud du secteur oriental de la ville, qui deviendrait, si le projet est mené à bien, le premier quartier de colonisation juive créé à Jérusalem-Est en 15 ans, soulignent les organisations de défense des droits de l'Homme.

"Le maire adjoint vient de me dire qu'ils avaient approuvé les 2.610 unités de logement" à Givat Hamatos, a déclaré Daniel Seidemann, directeur de Terrestrial Jerusalem, une ONG qui surveille la colonisation israélienne à Jérusalem-Est.

"Officiellement, il s'agit de la décision finale", a affirmé Lior Amihai, un spécialiste du mouvement anticolonisation La Paix Maintenant. "Elle sera publiée dans les prochains jours, puis il y aura une période de 15 jours pour qu'elle devienne effective, avant qu'ils ne puissent commencer à publier des appels d'offres", a-t-il expliqué.

La commission de planification du district de Jérusalem doit en outre se réunir jeudi pour examiner la construction de 1.100 logements dans le quartier de colonisation de Gilo.

Lundi, le ministère de l'Intérieur avait donné son feu vert à la construction de 1.500 logements à Ramat Shlomo, également à Jérusalem-Est, relançant un projet déjà condamné par Washington en 2010.

En outre, le ministère du Logement se prépare à lancer la semaine prochaine des appels d'offres pour des centaines de logements dans des colonies de Cisjordanie, selon La Paix Maintenant.

Les Etats-Unis, qui déplorent systématiquement la colonisation, ont haussé le ton, dénonçant des "gestes de provocation".

De leur côté, les quatre membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU préparent une déclaration commune pour condamner ces projets de construction dans les colonies.

"L'intensification de la colonisation et l'ensemble des pratiques israéliennes d'assassinats et d'arrestations nous poussent à accélérer notre recours à la Cour pénale internationale (CPI)", a réagi le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh, en référence aux possibilités offertes par le statut d'Etat observateur obtenu le 29 novembre par la Palestine à l'ONU.

Selon le quotidien israélien Maariv, qui cite de hauts responsables du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, "cette avalanche de plans de construction n'est pas seulement une sanction contre la démarche palestinienne à l'ONU et le rapprochement avec le Hamas (...) mais aussi directement lié avec la campagne électorale" pour les élections législatives de janvier.

"Avant les élections, il est nécessaire de clarifier ses positions", a expliqué au journal un ministre du Likoud, rappelant que "l'électorat du Likoud est favorable à la construction à Jérusalem et à la colonisation".

Dans une analyse, Maariv souligne qu'en quatre ans de mandat, "non seulement Netanyahu n'a pas lancé de plans de construction, mais il a même assumé un gel de la construction dans les blocs de colonies" de 10 mois en Cisjordanie.

"Et maintenant, depuis deux semaines, il arrose la population de logements dans les blocs de colonies, bien qu'on puisse douter que les autorités parviennent au stade de la construction", estime le journal.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale "unifiée et indivisible". Mais la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion en 1967 de Jérusalem-Est, où les Palestiniens veulent établir la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

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