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19/12/2012 11:59 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Barack Obama promet son veto contre le "plan B" budgétaire des républicains

Le coup de bluff des républicains n'ira pas loin, à en croire la Maison Blanche: le président Barack Obama a menacé mercredi de son veto le "plan B" unilatéral préparé par les républicains pour éviter le "mur budgétaire" du 1er janvier.

Mardi, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a annoncé que les élus voteraient jeudi une hausse des impôts sur les revenus supérieurs à un million de dollars, tandis que les revenus inférieurs continueraient à bénéficier du taux réduit en place depuis les années 2000.

Ces taux réduits expirent légalement au 31 décembre, et l'ensemble de la classe politique souhaite les prolonger pour la plus grande partie des Américains. L'enjeu des négociations est de forger un plan décennal de réduction du déficit qui réforme le code fiscal et réduise les dépenses publiques.

Le directeur de la communication de la Maison Blanche, Dan Pfeiffer, a déclaré mercredi que le plan républicain affecterait de nombreux Américains, comme les étudiants ou les personnes au chômage, dont les allocations ne seraient pas prolongées.

"Cette approche n'est pas équilibrée, et le président y opposerait son veto dans l'improbable hypothèse où elle serait votée", a-t-il indiqué dans un communiqué.

De fait, si ce "plan B" a toutes les chances de passer la Chambre des représentants, il est assuré d'échouer au Sénat, contrôlé par les démocrates. Mais il permettait aux républicains d'afficher leur volontarisme.

Engagés depuis plusieurs semaines dans des négociations, le président et le chef républicain ont chacun concédé du terrain. La question centrale, et toujours irrésolue, reste celle du seuil de revenus à partir duquel le barème fiscal augmentera au 1er janvier.

Barack Obama exigeait 250.000 dollars (pour un couple marié), mais est monté jusqu'à 400.000 dollars. John Boehner refusait initialement toute augmentation d'impôt, mais a finalement proposé le seuil du million de dollars.

Les "lignes de communication restent ouvertes", a rappelé mardi le porte-parole du républicain, Michael Steel. Mais la dernière conversation entre les deux hommes date de lundi.

La menace de veto de la Maison Blanche a été qualifiée d'"étrange et irrationnelle" par un autre porte-parole, Brendan Buck. "Nous devons agir pour empêcher les impôts d'augmenter pour tous les ménages dans 12 jours".

Outre les hausses d'impôts du 1er janvier, un rabotage automatique des dépenses publiques intervient le 2 janvier. Leur combinaison, surnommée "mur budgétaire", retirera de l'économie des centaines de milliards de dollars, au risque de replonger le pays dans la récession.

Des collaborateurs du président estiment en privé avoir multiplié les concessions aux républicains, par exemple en acceptant un ralentissement de la croissance des pensions de retraite.

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