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19/12/2012 10:41 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Barack Obama affiche sa détermination sur la réglementation des armes à feu

Barack Obama affiche sa détermination à bouger sur la question sensible de la réglementation des armes à feu: il devait nommer mercredi son vice-président Joe Biden à la tête d'un groupe de travail chargé de formuler des propositions après la fusillade meurtrière de Newtown.

M. Obama aimerait ainsi renouveler une réglementation contre les armes d'assaut prise sous Bill Clinton en 1994 mais qui a expiré dix ans plus tard. Au regard de l'émotion provoquée par la tragédie de vendredi, il pourrait même tenter d'aller plus loin.

La nomination de Joe Biden à la tête d'un groupe de travail, qui devrait intervenir en fin de matinée, est en tout cas sa première initiative concrète en la matière.

Ce groupe de travail gouvernemental devrait examiner comment réglementer la vente de fusils d'assaut et de chargeurs de grande capacité. Il travaillera aussi sur des politiques relatives à la santé mentale et la violence dans la culture populaire.

La fusillade meurtrière de vendredi dernier dans l'école primaire Sandy Hook de Newtown (Connecticut, nord-est) a vu un jeune homme tuer 20 enfants et six adultes avec un fusil d'assaut.

Rapidement, la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein a déclaré vouloir ré-imposer au Congrès une loi visant à bannir ces armes d'assaut, une initiative que Barack Obama, tout juste élu personnalité de l'année 2012 par le magazine Time, "soutient activement".

Cette loi reprendrait les grandes lignes de celle votée en 1994 sous l'administration du démocrate Bill Clinton mais qui n'a pas été renouvelée en 2004 par les républicains de George W. Bush.

Certes, ce texte comportait plusieurs défauts, notamment car il n'était pas rétroactif et permettait aux propriétaires d'armes semi-automatiques de les conserver --seules la fabrication et la vente de nouvelles armes étaient prohibées. Il ne désignait aussi qu'un nombre limité de modèles. Mais les associations le créditaient d'une baisse des morts par armes à feu.

La liste des armes interdites par la proposition de la sénatrice Feinstein inclurait des fusils et pistolets semi-automatiques, tandis que les chargeurs de plus de 10 balles seraient aussi prohibés -- ceux d'Adam Lanza, le tueur de Newtown, pouvaient en contenir beaucoup plus.

Selon ce texte, qui sera présenté au premier jour de la prochaine session du Congrès le 3 janvier par Mme Feinstein, seules les nouvelles armes seront concernées. Le texte exemptera aussi plus de 900 modèles utilisés pour la chasse ou le sport, ainsi que des armes antiques et manuelles.

Cependant, les chances de passage de cette loi dépendent du soutien que choisiront d'apporter les nombreux élus proches du puissant lobby des armes, la NRA, au Congrès, et notamment les chefs républicains de la Chambre des représentants, sans l'accord desquels aucun texte ne peut même atteindre l'hémicycle.

Ainsi, si les propositions de loi sur les armes ne manquent pas (10 déposées en deux ans), elles sont régulièrement enterrées en commission.

Et le démocrate Harry Reid, l'homme fort du Sénat en tant que chef de la majorité qui contrôle l'ordre du jour de l'institution, avait voté contre le renouvellement de la loi sur les armes d'assaut en 2004. Sans trop s'avancer, il a cette fois promis un "débat pour voir comment changer les lois".

Célèbre pour avoir réalisé une publicité de campagne où il utilise un fusil de chasse, le chasseur et sénateur démocrate Joe Manchin, pour qui la NRA avait appelé à voter, a lui fait son "coming out" en faveur d'une réforme.

"Je ne pensais pas que je verrais un tel massacre dans ma vie, avec 20 bébés", a-t-il raconté mardi sur la radio NPR. "Ca a changé le pays pour toujours".

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