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19/12/2012 08:33 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

Assassinat d'un chef rebelle libyen: un tribunal se dessaisit du dossier

Le tribunal militaire de Benghazi, dans l'est de la Libye, a annoncé mercredi qu'il se dessaisissait du dossier de l'assassinat du chef d'état-major rebelle Abdelfattah Younès, à la suite d'accusations mettant en doute l'impartialité de cette instance.

Le tribunal militaire de Benghazi s'est dessaisi du dossier "en raison de la tournure prise par l'enquête menée sur Mustapha Abdeljalil", l'ex-chef du Conseil national de transition (CNT), l'ancien organe politique de la rébellion contre le régime de Mouammar Kadhafi, a déclaré le président du tribunal, le colonel Abdallah al-Saiti.

Le colonel Saiti, qui lisait un communiqué, a précisé que le dossier était transmis à la Haute instance de la justice militaire pour qu'elle désigne un nouveau tribunal.

Il n'a pas donné plus de détails sur les raisons ayant poussé le tribunal à prendre une telle décision.

Dans la soirée, le ministre de la Justice, Salah al-Merghani, a annoncé qu'un projet de loi allait être présenté à l'Assemblée nationale en vue d'abroger les tribunaux d'exeption introduits sous le régime de Kadhafi.

"Les civils doivent être jugés devant les tribunaux civils", a déclaré M. al-Merghani au cours d'une conférence de presse.

A la question de savoir si ce projet de loi avait un lien avec les accusations contre M. Abdeljalil, le ministre a déclaré: "en tant que pouvoir exécutif, nous ne commentons pas les affaires examinées par la justice. Mais M. Abdeljalil est un civil et si cette loi est adoptée, son jugement sera transféré devant les tribunaux civils".

M. Abdeljalil avait été inculpé en décembre d'"abus de pouvoir" et d'atteinte à l'unité nationale. Laissé en liberté sous caution, il devait comparaître devant le tribunal le 20 février.

Cette inculpation a suscité une vive polémique et des protestations de ses partisans qui avaient accusé le tribunal de "partialité", notamment après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant le colonel Saiti faisant le V de la victoire après avoir fait lecture de la convocation de M. Abdeljalil pour interrogatoire.

Des députés avaient par ailleurs réclamé le dessaisissement du tribunal de ce dossier, estimant que ses agissements "lui ont fait perdre son impartialité", selon le porte-parole de l'Assemblée nationale Omar Hamidan.

Le général Younès était le militaire de plus haut rang à avoir rejoint la rébellion contre le régime de Mouammar Kadhafi. Il avait été tué en juillet 2011 après avoir été rappelé du front pour un interrogatoire par des juges.

M. Abdeljalil avait annoncé sa mort en expliquant que le général avait été tué par un groupe armé au moment où il était en route pour l'interrogatoire qui portait selon lui sur la situation militaire.

bur-ila/cnp