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19/12/2012 10:34 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

A Newtown, des "chiens de réconfort" aident les habitants à faire leur deuil

Lisa Peterson s'est ruée vers les chiens dès son retour à Newtown de voyage d'affaire, choquée par la tuerie de l'école Sandy Hook: plusieurs de ces compagnons canins, spécialement formés, ont été envoyés dans la ville en soutien à la population.

"Je les ai vus et je n'ai eu qu'à m'approcher d'eux puis à les embrasser", raconte-t-elle en serrant dans ses bras Abbie Einstein et Smartie Jones, deux Golden Retrievers pure race dont la mission dans la vie est "d'apporter joie et réconfort aux personnes dans le besoin".

Ils font partie des quelque 25.000 chiens enregistrés par leurs propriétaires au sein de l'organisation Therapy Dogs International, basée à Flanders dans le New Jersey (est des Etats-Unis). Plusieurs d'entre eux ont été spécialement dépêchés à Newtown, dans le Connecticut (nord-est), pour aider les habitants à affronter le choc suscité par la tuerie de l'école Sandy Hook vendredi dernier, fusillade ayant laissé 26 victimes dont 20 enfants âgés entre six et sept ans.

"Il y a quelque chose dans cet amour inconditionnel (de la part des chiens) qui semble tout simplement vous guérir", explique-t-elle.

Dix chiens ont ainsi été amenés à Newtown depuis les lointains Etats de l'Illinois et d'Indiana (nord) via le programme "chiens de réconfort" de l'association caritative Lutherian Church Charities. Celui-ci avait été créé peu après la mort en 2008 de cinq étudiants dans une fusillade survenue à l'Université Northern Illinois.

Les propriétaires d'Abbie et Smartie ont l'habitude de faire le tour des maisons de retraite ou des centres pour autistes en compagnie de leurs chiens.

A Newtown, dans les alentours de l'école Sandy Hook, leurs compagnons canins sont très demandés. Résidents, visiteurs, et même journalistes présents sur les lieux depuis le jour de la fusillade: tous viennent chercher leur part de réconfort, serrant avidement dans leurs bras les animaux âgés de cinq et neuf ans.

"Leur travail est de fournir une thérapie émotionnelle", explique Michael Jones, propriétaire des deux Golden Retrievers, ainsi que d'un Border Collie et de deux chats. Il connaît plusieurs habitants de Newtown par l'intermédiaire du Club des Golden Retrievers de la Vallée de l'Hudson. "C'est pour cela que nous sommes là", souligne-t-il.

Un autre Golden Retriever présent sur place, Dutchess, a su apporter tant d'affection à la population que peu d'habitants ont remarqué qu'elle n'avait plus d'yeux -- ceux-ci lui ayant été retirés à la suite d'une maladie.

"Elle va bien. C'est un chien heureux", assure son propriétaire Mark Condon, professeur de Biologie à l'Université d'Etat de New York et membre de la Fondation Good Dog, un autre réseau de thérapie canine.

Dutchess, qui aura 10 ans le mois prochain, est conduite une à deux fois par semaine dans un centre pour autistes près de New York où elle se mêle aux enfants, heureux de la nourrir et de jouer à la balle avec elle.

A Newtown, les habitants souhaitent la plupart du temps mettre simplement leurs bras autour d'elle pour la serrer contre eux. "Certains ne prononcent même pas un mot", observe Mark Condon.

rom/sam/jca