NOUVELLES
18/12/2012 03:30 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

Progression des rebelles dans le camp palestinien Yarmouk à Damas

Les rebelles ont nettement progressé mardi dans le camp palestinien de Yarmouk à Damas, et selon un habitant venu récupérer des affaires, "des centaines d'insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL) se trouvaient à l'intérieur" du camp.

Les mosquées de ce camp, situé dans le sud de la capitale, ont appelé les habitants à partir. Selon lui, l'armée syrienne, qui n'était pas visible autour du camp, a donné jusqu'à 12H00 (10H00 GMT) aux 150.000 habitants pour prendre leurs affaires et partir.

"Certains ont décidé d'obtempérer mais d'autres ont choisi de rester", a-t-il ajouté. Il a vu dans les rues du camp de nombreux membres de l'ASL, venus des quartiers voisins, notamment Hajar al Aswad, Tadamoun et Yalda.

"Ce matin la situation était calme" a-t-il ajouté.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins en Syrie, les rebelles tentent de prendre le contrôle du camp, et d'en chasser les milices palestiniennes favorables au régime du président syrien Bachar al-Assad.

Le camp, situé sur la ligne de confrontation entre les forces du régime et les insurgés, a été la cible dimanche d'un raid aérien, pour la première fois en 21 mois de combats, après une importante progression des rebelles dans ce camp, fief de groupes armés palestiniens pro-régime.

"Nous ne pouvons pas dire pour le moment que quelqu'un a pris totalement le contrôle du camp, car l'armée du régime est encore rue Palestine dans le quartier de Tadamoun", mitoyen au camp, a indiqué à l'AFP un militant, soulignant: "l'armée peut avancer à tout moment".

Selon lui, les combattants pro-régime du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) d'Ahmad Jibril se sont retirés derrière les positions de l'armée alors que d'autres combattants palestiniens pro-régime ont rejoint les rebelles, a indiqué Abou al-Soukan, qui réside dans le camp avec sa famille.

"L'ASL compte de nombreux combattants et stratégiquement elle est dans une position confortable. Ses membres ont pu rentrer par la partie sud et peuvent facilement faire venir des renforts" a-t-il dit.

Lundi, près 60 obus se sont abattus sur le camp et les habitants craignent de nouveaux raids aériens. Selon lui, 35% des habitants ont fui le camp.

"Il y a une grave crise humanitaire dans le camp. Il n'y a pas d'hôpitaux et les routes ne sont pas sûres", a souligné ce militant.

am/sk/cnp