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18/12/2012 11:13 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

L'ONU révise en baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2013 et 2014

Les Nations unies ont révisé en forte baisse leurs prévisions de croissance mondiale, qui ne devrait pas dépasser 2,4% en 2013 et 3,2% en 2014, a indiqué mardi l'ONU.

Il s'agit d'une "baisse importante par rapport aux prévisions de l'ONU il y a six mois", qui tablaient sur 2,7% en 2013 et 3,9% en 2014, ont précisé le département des Affaires économiques et sociales de l'ONU (DESA) et la Cnuced (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) dans un rapport intitulé "Situation et perpectives de l'économie mondiale en 2013".

Si la croissance reste aussi anémique, note le rapport, l'Europe et les Etats-Unis "pourraient devoir attendre jusqu'à bien après 2016 pour retrouver leur niveau d'emploi d'avant la crise" de 2008-2009.

Ce pessimisme s'explique essentiellement par la faiblesse de la reprise dans les pays développés. Ainsi l'Europe est prise dans "une spirale descendante" qui combine chômage élevé, dette, austérité budgétaire et croissance en berne.

L'économie américaine a ralenti ces deux dernières années (+2,1% en 2012) et sa croissance ne dépassera pas 1,7% en 2013.

Le Japon stagne à 0,6% pour 2013 et devrait faire à peine mieux en 2014 (+0,8%). En 2012, la croissance nippone a été soutenue par les efforts de reconstruction après Fukushima, atteignant 1,5%.

Les risques pour les deux années à venir s'accumulent: selon Robert Vos, qui a dirigé le rapport, "une aggravation de la crise dans la zone euro, le +mur budgétaire+ aux Etats-Unis et un fort ralentissement en Chine pourraient provoquer une nouvelle récession mondiale, chacun de ces risques étant susceptible de causer une chute de 1 à 3% de la croissance".

Aux Etats-Unis, note le rapport, "le +mur budgétaire+ pourrait entraîner une baisse de la demande globale de l'ordre de 4% du produit intérieur brut en 2013 et 2014". Le contrecoup pour l'économie mondiale serait rude, faisant passer la croissance de 2,4 à 1,2% en 2013.

L'Asie du sud et de l'est, qui a soutenu la croissance ces dernières années, qui a fléchi en 2012 à 5,5%, ne se redressera que lentement (6% en 2013 puis 6,3% en 2014).

L'économie chinoise, en décélération, connaîtra un léger mieux en 2013 (+7,9%) et 2014 (8%), contre 10,3% en 2010, 9,2% en 2011 et 7,7% en 2012. "La Chine et d'autres pays de la région ont une marge de stimulation plus grande mais se sont pour l'instant abstenus de l'utiliser", notent les auteurs du rapport.

Pour eux, "il importe de changer de cap en matière budgétaire" en zone euro, en passant de l'austérité à une politique de relance car "l'austérité budgétaire exacerbe la faiblesse de l'économie".

avz/are