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18/12/2012 01:24 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Le président sud-africain Jacob Zuma réélu à la tête de l'ANC

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a voté par une écrasante majorité mardi pour garder à sa tête le président Jacob Zuma, lui garantissant du même coup de rester président du pays pour un autre mandat de cinq ans.

M. Zuma a facilement battu le vice-président Kgalema Motlanthe, son seul rival, par 2983 voix contre 991. Souriant, M. Zuma s'est présenté sur scène immédiatement après l'annonce des résultats, saluant la foule des deux mains.

Les délégués de l'ANC ont également élu l'homme d'affaires Cyril Ramaphosa comme vice-président du parti. M. Ramaphosa est un ancien leader syndical qui a été le secrétaire général de l'ANC durant les négociations constitutionnelles qui ont mis fin à l'apartheid, en 1994. Il a ensuite fondé un empire d'investissement qui comprend une centrale d'énergie, des franchises McDonald's, un embouteilleur Coca-Cola et des mines. En novembre, le magazine «Forbes» avait estimé sa fortune à 675 millions $ US.

Quelque 4000 délégués ont participé au vote de l'ANC mardi matin à la conférence du parti à Mangaung, qui comprend la ville de Bloemfontein. En élisant Jacob Zuma, les délégués ont probablement aussi choisi le prochain président de ce pays de 50 millions d'habitants, puisque les partis de l'opposition ne bénéficient pas du même soutien populaire que l'ANC.

M. Zuma, âgé de 70 ans, était considéré comme le favori de la course bien avant la conférence. Il est largement soutenu par les Zoulous, le plus grand groupe ethnique d'Afrique du Sud, de même que par les cadres du gouvernement et les responsables du parti.

Mais plusieurs Sud-Africains ont été déçus par M. Zuma au fil des années. En 2005, alors qu'il occupait le poste de vice-président, il avait été congédié par l'ancien président Thabo Mbeki après avoir été impliqué dans un scandale de corruption impliquant l'achat d'armes. Les journaux ont récemment écrit de nombreux articles sur les rénovations faites dans la propriété de M. Zuma aux frais du gouvernement. M. Zuma a également été accusé par les médias d'être incapable de gérer ses finances personnelles et de s'appuyer sur des proches et des amis pour le renflouer, dont Nelson Mandela lui-même.

Il a aussi été critiqué pour ses activités sexuelle. En 2006, il avait été acquitté dans un procès pour le viol d'une amie de la famille atteinte du VIH. Il avait scandalisé les militants de la lutte contre le sida en affirmant qu'il avait eu une relation sexuelle non protégée et consentie avec la femme séropositive, mais qu'il avait pris une douche par la suite pour se protéger contre le sida. Depuis, Jacob Zuma, qui a quatre épouses et au moins 20 enfants, a publié les résultats de ses tests de dépistage du VIH et appelle les Sud-Africaine à se protéger contre la maladie.