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17/12/2012 04:53 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

Tuerie de Newtown: un élève raconte le tireur derrière la porte de sa classe

"Laissez-moi entrer, laissez-moi entrer!": Nicholas Sabillon, un élève de 9 ans de l'école de Sandy Hook à Newtown, raconte comment il a entendu le tireur tambouriner à la porte de sa classe que son institutrice avait eu la présence d'esprit de fermer à clé.

Encadré par ses deux parents, le petit garçon, qui s'accroche à son ours en peluche pendant tout l'entretien avec les journalistes de l'AFP, livre un témoignage précis de cette matinée de vendredi où Adam Lanza a semé la terreur dans son école primaire, tuant 26 personnes dont 20 de ses camarades, avant de suicider.

"Quand on a entendu les deux premiers coups de feu, mademoiselle Kristopik a accouru à la porte, elle a rapidement sorti ses clés et verrouillé la porte, puis on s'est tous retrouvé dans la salle de musique", raconte-t-il. "On s'est donné la main pour ne faire aucun bruit".

"Nous avions tous très peur et nous avons récité un +Notre Père+ puis on a entendu une vitre se briser et nous nous sommes tous mis à pleurer. On a entendu le type crier +Laissez-moi entrer, laissez-moi entrer+", raconte Nicholas en imitant la voix grave du tireur.

"Nous n'avons jamais ouvert la porte. Heureusement, après, il est parti en courant".

Quand la police est arrivée, Nicholas s'est réfugié en courant avec les autres élèves sous escorte policière dans la caserne de pompiers située juste à côté de l'école.

C'est là, où tous les élèves ont été évacués, que les parents de Nicholas, fous d'angoisse, retrouvent leur petit garçon, raconte Sherry Sabillon. "C'était la chose la plus effrayante du monde", confie cette mère de 40 ans.

Quand elle apprend par texto qu'il y a eu des coups de feu dans la rue de l'école de son fils, elle ne s'inquiète pas plus que ça, poursuit-elle. Elle pense qu'il s'agit d'une balle perdue lors d'une partie de chasse dans le coin.

Puis lorsqu'elle apprend que la fusillade a bien eu lieu dans l'école, elle appelle immédiatement les services de secours et la police de Newtown puis son mari, déjà en route.

"J'ai conduit jusqu'à l'école, je suis entrée dans la caserne et dans un coin, il y avait un copain de Nicholas avec son père qui m'a dit +Tout va bien, il est ici avec moi+", poursuit-elle, racontant comment de soulagement, elle a "étreint le père et le copain" avant de serrer son fils contre son coeur.

A ce moment-là, la police donnait très peu de détails sur la tragédie évoquant "trois adultes blessés, sans parler d'enfants".

"Nous avons quitté l'école en pensant qu'il s'agissait juste d'adultes".

Sherry Sabillon avoue aujourd'hui que "son fils doit sa vie à ses maîtresses".

Elle assure que trois jours après le drame, son fils "va bien" et qu'"il ne fait pas de cauchemar".

mar-str/rap/jca

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