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17/12/2012 03:49 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

Reprogrammation du système immunitaire contre des maladies auto-immunes

Des chercheurs suisses ont pu reprogrammer le système immunitaire de souris pour éliminer une maladie auto-immune ouvrant la voie à des traitements chez les humains contre le diabète juvénile ou la sclérose en plaques, selon des travaux publiés lundi aux Etats-Unis.

Ils sont parvenus à cibler précisément, chez des souris, des lymphocytes T, clé de l'immunité cellulaire, dont le dysfonctionnement est responsable du diabète juvénile en attaquant les cellules du pancréas.

Pour éliminer l'agressivité de ces globules blancs, ils ont utilisé une protéine modifiée qui, testée chez des souris de laboratoire, a permis d'éliminer totalement les symptômes de la maladie.

Selon ces biologistes de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, cette technique pourrait s'avérer très prometteuse pour traiter le diabète juvénile --dit aussi de type 1-- et la sclérose en plaques chez les humains.

Les premiers essais cliniques devraient débuter en 2014 au plus tôt pour traiter tout d'abord les effets secondaires induits sur le système immunitaire par un traitement contre la goutte, une maladie chronique liée au métabolisme de l'acide urique.

"Nous avons choisi de commencer par cette application avant le diabète ou la sclérose en plaques car nous pourrons maîtriser et comprendre tous les paramètres", explique Jeffrey Hubbell, un des co-auteurs de cette étude parue dans les Annales de l'académie américaine des sciences (PNAS) datées du 17 au 21 décembre.

Selon Stephan Kontos, autre co-auteur, le principal atout de cette approche est son extrême précision.

"Notre méthode présente très peu de risques et ne devrait pas induire d'importants effets secondaires, dans la mesure où nous ne ciblons pas le système immunitaire dans son entier, mais uniquement le type de lymphocytes T impliqué dans la maladie", explique-t-il dans un communiqué.

Ces chercheurs ont créé une start-up, Anokion SA, pour mener les essais cliniques.

Ils ont également commencé à tester en laboratoire le potentiel de cette approche pour la sclérose en plaque, une maladie dans laquelle les lymphocytes T détruisent les cellules de myéline qui forment une gaine protectrice autour des fibres nerveuses.

Enfin, ces scientifiques étudient les potentiels de leur technique avec un autre type de globules blancs, les lymphocytes B, qui jouent un rôle important dans de nombreuses autres maladies auto-immunes.

js/are