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17/12/2012 04:54 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

Mouvement Idle No More : un aîné autochtone du Manitoba fait la grève de la faim

Trois dirigeants d'assemblées de Premières Nations pressent le premier ministre Stephen Harper de rencontrer un aîné autochtone manitobain, qui comme la chef d'Attawapiskat en Ontario a entamé une grève de la faim pour protester contre la loi fédérale omnibus sur le budget, qui a reçu la sanction royale vendredi dernier.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada (APN), Shawn Atleo, était de passage lundi matin à Winnipeg pour unir sa voix à celles du grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba (AMC), Derek Nepinak et du grand chef de l'Assemblée des chefs du Nord manitobain (Manitoba Keewatinowi Okimakanak ou MKO), David Harper.

MM. Atleo, Nepinak et Harper veulent que le premier ministre du Canada rencontre Raymond Robinson de la Première Nation manitobaine Cross Lake. M. Robinson dit qu'il ne mange plus depuis le 12 décembre, en appui à la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, en grève de la faim depuis la semaine dernière.

Interviewé lundi par Radio-Canada, l'homme de 51 ans a indiqué qu'il posait son geste pour ces neuf enfants et 18 petits-enfants. Il a aussi assuré que même s'il se sentait fatigué et affaibli au sixième jour de son jeûne, il n'aurait de cesse « qu'au moment où il verra Stephen Harper poser le pied chez [lui] pour [le] rencontrer en tête-à-tête ».

Le grand chef de l'AMC, Derek Nepinak, s'est par ailleurs rendu à Ottawa durant le week-end pour porter une lettre en main propre au premier ministre. Le geste était à ses yeux symbolique, mais non moins important pour montrer que les dirigeants autochtones participent à l'effort pour pousser Stephen Harper à s'engager dans un dialogue, a-t-il dit lundi.

Pour sa part, Shawn Altleo a estimé que les moyens de pression employés par M. Robinson et Mme Spence montrent à quel point la situation est désespérée, notamment en matière de logement.

Depuis une première série de manifestations la semaine dernière, les Premières Nations se mobilisent contre le manque de consultation de la part du gouvernement Harper, dans le cadre du mouvement connu sous le nom de Idle No More, ou « fin à l'immobilisme ».