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Mali: Washington espère une résolution cette semaine du Conseil de sécurité

Washington espère trouver un accord cette semaine avec Paris à l'ONU sur une résolution du Conseil de sécurité permettant d'engager une action militaire internationale dans le nord du Mali, région aux mains d'islamistes armés, a indiqué lundi la diplomatie américaine.

"Nous avons travaillé très dur avec la France pour régler des problèmes techniques et des questions relatives au déroulé (d'une intervention au Mali). Nous continuons de travailler là-dessus avec la France et avec nos autres partenaires et espérons boucler cela cette semaine, parce que le dossier est urgent", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

La diplomate américaine réagissait aux déclarations dimanche du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, affirmant que les deux pays allaient trouver un accord sur la crise malienne pour voter "d'ici quelques jours" une résolution du Conseil de sécurité. M. Fabius a minimisé tout différend entre Paris et Washington à ce sujet.

La volonté de la France, du Mali, de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA) d'obtenir rapidement le feu vert de l'ONU à l'intervention d'une force africaine de 3.300 hommes dans le nord du Mali -- contrôlé par des islamistes armés affiliés à Al-Qaïda -- se heurte au scepticisme de Washington, qui doute de la capacité des Africains à mener à bien l'opération.

Le secrétaire d'Etat américain adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson, a récemment estimé que les plans de la Cédéao "ne répondaient pas à plusieurs questions essentielles", dont les "capacités des forces maliennes et internationales de réaliser les objectifs de la mission" et son financement, estimé à au moins 200 millions d'euros.

Depuis la début de la crise au Mali en mars et simultanément à la mise sur pied d'une intervention dans le nord, Washington plaide pour un rétablissement de la démocratie à Bamako, qui exclurait l'ex-junte militaire putschiste du capitaine Amadou Haya Sanogo. "Nous devons avoir des élections démocratiques. Nous avons demandé qu'elle se tiennent d'ici au mois d'avril et avons appelé à rétablir une gouvernance démocratique", a rappelé Mme Nuland.

Samedi, le nouveau Premier ministre malien Diango Cissoko a formé un gouvernement d'union, comme le réclamait la communauté internationale pour refermer la crise ouverte après le départ forcé de son prédécesseur Cheick Modibo Diarra, sous la pression des ex-putschistes toujours influents.

"Nous ne sommes pas pour le moment en mesure de soutenir l'armée malienne, notamment parce que nous devons nous assurer que (la résolution qui) se prépare à New York +isole les putschistes+", a insisté la porte-parole de la diplomatie américaine.

Parallèlement à l'appui international à une force africaine, l'Union européenne a lancé le 10 décembre une mission au Mali pour former, entraîner et réorganiser l'armée nationale en 2013 et l'aider à reconquérir le nord. Quatre-cents militaires européens, dont 250 formateurs, devraient être déployés à partir du premier trimestre 2013.

Le département d'Etat s'est félicité de cette "division du travail" entre les Américains dont "le rôle consiste à aider la Cédéao et les Européens dont le rôle est d'aider les Maliens".

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