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Mali : Washington et Paris discutent d'une intervention militaire

Tandis que les négociations se poursuivent au Conseil de sécurité pour une éventuelle intervention militaire dans le nord du Mali, l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, en tournée dans la région, estime que la crise humanitaire s'est aggravée en raison du conflit.

Washington et Paris, deux membres du Conseil de sécurité qui détiennent le droit de veto, tentent de rapprocher leur point de vue sur une intervention militaire dans le nord du Mali, qui est aux mains de plusieurs groupes armés islamistes.

La France, le Mali, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union africaine (UA) veulent obtenir le feu vert de l'ONU rapidement pour déployer 3300 soldats dans le nord du Mali.

Mais les États-Unis ne semblent pas très enthousiastes à cette idée. Les Américains doutent de la capacité des troupes africaines à mener à bien cette opération.

Le secrétaire d'État américain adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson, a récemment déclaré que les plans de la CEDEAO « ne répondaient pas à plusieurs questions essentielles », dont les « capacités des forces maliennes et internationales de réaliser les objectifs de la mission ». Le financement de cette opération est estimé à au moins 259 millions de dollars.

Parallèlement à l'appui international à une force africaine, l'Union européenne a lancé le 10 décembre une mission au Mali pour former, entraîner et réorganiser l'armée nationale malienne en 2013 et l'aider à reconquérir le nord.

Quatre cents militaires européens, dont 250 formateurs, devraient être déployés à partir du premier trimestre 2013.

C'est dans ce contexte que se déroulent les pourparlers entre Washington et Paris.

Minimisant le différend entre les deux pays, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que la France et les États-Unis allaient trouver un accord sur la crise malienne pour voter « d'ici quelques jours » une résolution.

Réagissant à ces propos, la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, a déclaré que les diplomates des deux pays ont « travaillé très dur [.] pour régler des problèmes techniques et des questions relatives au déroulement [d'une intervention au Mali] ».

« Nous continuons de travailler là-dessus avec la France et avec nos autres partenaires et espérons boucler cela cette semaine, parce que le dossier est urgent », a-t-elle ajouté.

Impact du Mali sur la situation au Sahel

Pendant ce temps, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, effectue une tournée en Afrique de l'Ouest, en commençant par le Sénégal.

M. Prodi se rendra aussi en Côte d'Ivoire et au Niger. La mission a pour objectif de trouver une « stratégie régionale intégrée de l'ONU pour le Sahel », qui inclut les questions humanitaires, de sécurité, la gouvernance, les droits de l'homme et le développement.

« Les populations du Sahel ont été durement touchées par la crise alimentaire et nutritionnelle 2011-2012, et l'on estime que 8,5 millions de personnes seront encore dans l'insécurité alimentaire en 2013 », selon un communiqué l'agence régionale du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA).

« La situation humanitaire est aggravée par l'impact de la crise du Mali qui a contraint plus de 353 000 personnes à fuir pour plus de sécurité », selon l'agence de l'ONU, qui précise que 1,6 milliard de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins des populations de la zone.

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