NOUVELLES
17/12/2012 04:01 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

La Tunisie fête sans euphorie les deux ans du début de sa révolution

La Tunisie fête lundi le deuxième anniversaire du début de sa révolution, lancée dans la ville de Sidi Bouzid minée par la pauvreté, dans un contexte de vives tensions, en particulier sociales, la misère et le chômage restant au coeur des préoccupations.

Les journaux et les médias en ligne relevaient ainsi que la colère et l'amertume dominaient à Sidi Bouzid, où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010 pour dénoncer la pauvreté et les brimades policières.

"Sidi Bouzid, l'éternelle étincelle", titrait ainsi le quotidien francophone La Presse.

"Seuil de pauvreté creusé, taux de chômage multiplié, infrastructures économiques et industrielles au point zéro, terres hypothéquées, agriculture déprimée", égrainait le journal.

Lundi, le président Moncef Marzouki, un laïc allié aux islamistes d'Ennahda, devait se recueillir dans la journée sur la tombe du vendeur ambulant. En revanche, la présence du Premier ministre islamiste Hamadi Jebali, grippé, n'était pas certaine.

Les manifestants de décembre 2010, victimes de la répression du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, sont toujours en colère dans cette région du centre-ouest économiquement marginalisée depuis des décennies.

"La ville de Menzel Bouzaienne (au sud de Sidi Bouzid, ndlr) a tant donné pour la révolution mais elle n'a rien récolté du point de vue investissement et développement. La situation est devenue plus mauvaise, le chômage a augmenté", s'insurge Hamid Nasri, dont le frère Chawki a été tué pendant le soulèvement qui a contraint Ben Ali à la fuite le 14 janvier 2011.

Le gouvernement dirigé par Ennahda est la première cible de ces critiques. Dix des organisateurs du festival Bouazizi, célébrant le début de la première révolution du Printemps arabe, ont démissionné la semaine dernière pour dénoncer la "mainmise" du parti islamiste sur l'organisation des événements.

La Tunisie peine à se stabiliser depuis la révolution. Sidi Bouzid, comme d'autres villes de l'intérieur du pays, ont ainsi été ces derniers mois le théâtre de manifestations dégénérant en violences avec la police.

bur-alf/fc