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17/12/2012 12:42 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

Golan: des protections anti-armes chimiques pour les observateurs de l'ONU

L'ONU va renforcer la sécurité de sa mission d'observation sur le Golan en lui fournissant notamment des protections contre les armes chimiques, a annoncé lundi le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

La Force de l'ONU chargée de l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) va recevoir "un certain nombre de véhicules blindés prélevés sur d'autres missions dans le monde et, pour le personnel qui n'en serait pas équipé nationalement, des kits pour se protéger d'une attaque chimique si elle devait avoir lieu", a déclaré M. Ladsous à la presse après des consultations à ce sujet au Conseil de sécurité.

Il a rappelé que "plusieurs pays se sont référés à cette possibilité" de voir le gouvernement syrien utiliser son arsenal chimique dans le conflit.

"La multiplication des incidents est vraiment une source d'inquiétude", a souligné M. Ladsous en rappelant que cinq membres de la FNUOD avaient été blessés récemment.

Il a ajouté que l'ONU allait continuer à "mettre au point des plans d'urgence fondés sur un certain nombre de scénarios possibles" en Syrie, sans donner de précisions.

La FNUOD compte un millier de soldats venus de cinq pays (Autriche, Croatie, Inde, Japon, Philippines).

Les incidents se sont multipliés depuis plusieurs semaines dans la zone démilitarisée du Golan où la FNUOD patrouille, notamment des tirs et des incursions de l'armée syrienne à la poursuite d'opposants.

Israël s'est emparé du plateau du Golan en 1967 pendant la Guerre des Six jours et l'a annexé en 1981, une décision qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité a mis en place la FNUOD en 1974 pour faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et les forces syriennes.

Le Conseil doit renouveler bientôt le mandat de la FNUOD, qui expire au 31 décembre.

Dans un rapport remis fin novembre au Conseil, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé de prolonger de six mois ce mandat tout en dressant des "plans d'urgence" en cas de débordement du conflit en Syrie.

La présence de soldats syriens dans la zone démilitarisée pourrait "déclencher un conflit plus large" entre Israël et la Syrie, estime M. Ban.

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a envoyé lundi une lettre à M. Ban et au Conseil de sécurité évoquant la possibilité que "certains Etats qui soutiennent les terroristes" -- terme utilisé par Damas pour désigner l'opposition armée -- "puissent leur fournir des armes chimiques et ensuite prétendre qu'elles ont été utilisées par le gouvernement syrien".

Il a de nouveau affirmé que Damas n'utilisera pas son arsenal chimique dans le conflit.

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