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17/12/2012 02:43 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

Après Newtown, un jour presque "normal" dans les écoles américaines

Trois jours après la tragédie de Newtown, les enfants américains ont repris le chemin des classes lundi, les enseignants ayant à coeur de conserver une "routine" en dépit des interrogations sur la sécurité à l'école suscitées par le drame.

L'école primaire de Kensington Parkwood, près de Washington, n'a pas connu lundi de déploiement policier inhabituel: "Aujourd'hui est un jour normal", explique à l'AFP Barbara Liess, la principale. Car "la routine est importante pour les enfants, c'est sur la routine que l'on construit la confiance, que l'on construit une impression de confort".

A l'entrée, les mesures de sécurité sont celles qui sont en place tous les jours: pour pénétrer dans l'établissement, il faut montrer patte blanche. Chaque élève, chaque parent, chaque enseignant --même la directrice--, doit passer par l'accueil, sorte de sas de sécurité où l'on contrôle toutes les allées et venues.

Beaucoup de parents semblent avoir choisi de ne pas évoquer avec leurs enfants la fusillade de l'école de Sandy Hook, qui a fait 27 morts dont 20 élèves de 6 et 7 ans, vendredi à Newtown.

"Mon fils de 6 ans comprend que dans la vie, les gens viennent, les gens partent, les choses vivent et meurent, les gens vivent et meurent mais cette tragédie, c'est une chose à laquelle, je crois, il ne doit pas être exposé", estime Dori Matalia, une mère de l'école.

Alors, comme l'ont conseillé les autorités éducatives du Comté de Montgomery près de Washington, le sujet ne sera pas abordé en classe, à moins qu'individuellement les enfants au courant se sentent mal et veuillent en parler au psychologue mis à leur disposition.

Comme tous les matins, lundi, et comme partout aux Etats-Unis, les élèves de Kensington Parkwood ont prêté le serment d'allégeance, debout, la main sur le coeur, avant d'écouter, via le circuit de télévision interne, les conseils de leur principale.

Mais ce matin n'est pas tout à fait ordinaire. Mme Liess a choisi de rappeler "à tous que les portes doivent rester fermées tout le temps" et que "l'établissement doit rester étanche à l'extérieur".

Comme Mme Liess, nombre de chefs d'établissements ont envoyé des courriers pendant le week-end pour rappeler "leur engagement pour la sécurité des élèves et leurs familles".

Kensington Parkwood pratiquera à la fin de la semaine l'exercice de sécurité imaginé en cas d'attaque extérieure, habituellement organisée quatre fois par an, en alternance avec celui de protection contre les ouragans.

Les enfants doivent aller se réfugier dans leurs placards ou sous leurs bureaux, ne pas faire un bruit et faire comme si l'établissement était vide.

"Bien sûr, des choses horribles peuvent se passer mais nous essayons de faire tout ce qui est possible pour mettre les enfants dans une bulle de protection pour que rien ne puisse jamais leur arriver", explique Mme Liess: "Ce n'est pas la réalité mais c'est ce que nous essayons de créer ici".

"Jusqu'où pourrions-nous aller dans une société qui chérit les libertés?", s'est demandé Dan Domenech, directeur de l'Association américaine des administrateurs d'écoles, qui dictent les politiques aux chefs d'établissements.

A Newtown, l'école "avait fait tout ce qu'il fallait et elle était verrouillée à l'extérieur", a-t-il dit à l'AFP. "Mais il n'y a rien qui puisse empêcher un individu d'entrer" en faisant feu de tous côtés, "à moins de transformer les écoles en prisons", a-t-il affirmé.

Dans cette petite ville endeuillée, les écoles sont restées fermées lundi, mais devaient rouvrir mardi --à l'exception de celle où la fusillade a eu lieu, fermée jusqu'à nouvel ordre pour les besoins de l'enquête.

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