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17/12/2012 12:22 EST | Actualisé 16/02/2013 05:12 EST

A Savanette, dans le nord-est d'Haïti, une "école de nulle part"

Il faut plusieurs heures de routes impraticables pour se rendre dans la nouvelle école primaire de Savanette, financée par des entreprises françaises, dans un petit village du nord-est d'Haïti.

Baptisée "La génération de la ronde" du nom d'un groupe de romanciers haïtiens du 19e siècle, "c'est une école de nulle part", dit, lors de l'inauguration, Bertrand Vannier, conseiller éditorial auprès de la présidence de Radio France.

L'établissement va pouvoir accueillir 300 enfants dans cinq salles érigées sur une vaste propriété. Avant, seuls 20 petits se rendaient à l'école quelques fois par semaine dans les locaux d'une petite église.

"Les autres suivaient les parents dans les jardins ou erraient pieds nus", raconte une femme.

Le village n'a pas été directement touché par le séisme de janvier 2010, qui avait fait plus de 200.000 morts. Mais l'initiative pour cette nouvelle école a été lancée peu après, dans un pays confronté à un taux élevé d'analphabétisme, particulièrement en milieu rural.

"Après le séisme, nous avons présenté la situation d'une petite école qui fonctionnait dans un hangar recevant une vingtaine d'écoliers dans une communauté où la plupart des enfants ne fréquentent pas d'établissement scolaire", explique Pauline Auguste, une Haïtienne qui travaille à la maison de la Radio, à Paris, à l'acheminement du courrier.

Grâce à son association "Donne ton coeur pour Haïti", composée d'Haïtiens émigrés en France, cette femme a réussi à convaincre des ONG françaises à "faire quelque chose pour les enfants" de sa région.

"Nous avons été touchés par ce qui s'est passé en Haïti en 2010 et nous avons réussi à rassembler 300.000 euros pour cette opération", explique le président de Radio France, Jean-Luc Hees, également présent sur place.

Après l'inauguration de l'école, la petite bourgade est en fête. Christina, une écolière, fait répéter en choeur à ses camarades en uniformes impeccables qu'ils vont maintenant "étudier pour réussir".

"Nous disons merci pour cette école maintenant disponible pour nous apprendre à lire et à écrire", se réjouit Hérold Jean, 12 ans, avec un large sourire.

C'est le premier établissement de cette qualité dont dispose la bourgade. Quelques mètres plus loin, l'école nationale est logée sous une espèce de tonnelle entourée de vielles tôles rouillées.

L'Association Architectes de l'urgence a construit les bâtiments, financés par Radio France mais aussi l'opérateur SFR, la Fondation Yves Rocher et GBH, une entreprise française basée en Guyanne.

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