NOUVELLES
16/12/2012 03:22 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

USA: les appels se multiplient pour bannir les fusils d'assaut

La sénatrice américaine Dianne Feinstein a indiqué dimanche qu'elle allait proposer une loi pour bannir les fusils d'assaut dès l'entrée en fonction du nouveau Congrès début janvier, après la fusillade dans une école du Connecticut qui a fait 26 morts vendredi.

"Je vais introduire au Sénat, et le même texte sera présenté à la Chambre des représentants, une proposition de loi pour bannir les fusils d'assaut", a déclaré Mme Feinstein, une démocrate, dans une interview à la chaîne NBC.

Interrogée pour savoir si le président Barack Obama soutiendrait son initiative, la sénatrice de Californie a répondu: "Je pense qu'il le fera".

Mais dans un Congrès plus divisé que jamais, il faudra que les chefs des deux partis, démocrate et républicain, appuient cette proposition de loi pour qu'elle puisse être adoptée.

Le nouveau Congrès issu des élections législatives du 6 novembre entrera en fonction le 3 janvier.

La tuerie de Newtown a rallumé aux Etats-Unis le débat sur le contrôle des armes, et tout particulièrement sur les fusils d'assaut.

L'auteur de la fusillade dans l'école Sandy Hook de Newtown, Adam Lanza, a utilisé un fusil d'assaut pour tuer 20 enfants et 6 membres de l'encadrement dans l'établissement. Il s'est ensuite suicidé. Auparavant, il avait aussi tué sa mère à son domicile de Newtown.

Les fusils d'assaut sont très puissants et permettent de tirer plusieurs balles de manière presque instantanée.

Leur interdiction avait été votée sous le démocrate Bill Clinton, dans les années 1990, mais la loi a expiré en 2004 sous son successeur républicain, George W. Bush.

Aux Etats-Unis, le droit de posséder des armes est protégé par le deuxième amendement de la Constitution sur les libertés individuelles.

Croisé dans une rue de Newtown, le maire de Hartford, la principale ville du Connecticut, a estimé qu'il est temps pour Washington de mettre un frein à "l'appétit incroyable" des Américains pour les armes.

"Les citoyens du Connecticut soutiennent vraiment l'idée qu'on pourrait enlever ces armes des rues", a déclaré à l'AFP Pedro Segarra, d'autant plus concerné que son père est mort par arme à feu quand il était bébé.

"Mais cela passe avant tout par une action de notre gouvernement central à Washington", a ajouté cet élu de 53 ans. "Tant que nous n'aurons pas ces efforts décisifs, ce sera très difficile pour les Etats d'agir par eux-mêmes".

Malgré tout, M. Segarra a reconnu que les Américains étaient toujours férus d'armes à feu comme en témoigne, selon des chiffres officiels, le fait que les autorités ont reçu deux millions de demandes de permis de port d'arme pour le seul mois de novembre.

"Que faisons-nous pour nourrir cet appétit incroyable pour les armes ? Nous devons vraiment avoir une stratégie globale et faire attention à la violence dans les arts, la musique, les jeux vidéo: nous devons voir quel impact ça a sur notre société", a-t-il ajouté.

A l'inverse, des membres d'associations pro-armes interrogés par les chaînes d'information en continu ont avancé qu'il faudrait armer les enseignants dans les écoles pour éviter les tueries comme celle qui a endeuillé Newtown vendredi.

bdx-rom/lb