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16/12/2012 09:22 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

Obama assure aux citoyens de Newtown qu'ils ne sont pas seuls dans leur deuil

NEWTOWN, États-Unis - Il s'est exprimé au nom d'une nation affligée, dimanche soir, mais les meurtres de toutes ces petites filles et de tous ces petits garçons auront laissé le président américain Barack Obama, à l'instar de bien d'autres, à court de mots. Seul, en retrait, sur une scène dénudée quelques heures après la pire journée de son règne, le commandeur en chef était un parent en deuil.

«Je suis très conscient que quelques mots ne peuvent égaler l'ampleur de votre désarroi, et qu'ils ne peuvent soulager vos coeurs brisés», a déclaré M. Obama lors d'une veillée funèbre dans la communauté de Newtown, au Connecticut. «Je ne peux qu'espérer que ça vous aide de savoir que vous n'êtes pas seuls dans votre deuil.»

Le massacre de 26 enfants et adultes a semé l'horreur partout au monde, provoqué une prise de conscience aux États-Unis, relancé le débat sur le contrôle des armes à feu et suscité des questions menant à l'incompréhensible — ce qui a mené le suspect à poser un tel geste.

Il a également laissé un président nouvellement réélu à la recherche de réponses plus importantes encore. M. Obama a notamment annoncé qu'au cours des prochaines semaines, il utiliserait tous les pouvoirs relevant de son bureau pour rencontrer des représentants des forces de l'ordre, des professionnels de la santé mentale, des parents et des éducateurs dans le but de prévenir d'autres tragédies comme celle qui afflige Newtown.

«Peut-on dire que nous faisons le nécessaire pour donner à tous les enfants de ce pays l'opportunité, qu'ils méritent, de vivre une vie pleine et entière dans la joie et avec résolution? Je me suis arrêté à cette question au cours des derniers jours», a ajouté M. Obama, sur un ton solennel, pendant que plusieurs dans l'auditoire versaient des larmes.

«Si nous faisons preuve d'honnêteté, la réponse est non. Et nous allons devoir changer.»

Il a promis de mener un effort à l'échelle du pays, mais n'a pas précisé comment il comptait s'y prendre, et à quelle échelle il aborderait l'explosif dossier du contrôle des armes à feu.

«Quels sont nos choix?», a lancé le président. «Sommes-nous vraiment prêts à dire que nous sommes impuissants devant de tels carnages, que la politique est trop difficile?».

Alors que M. Obama a commencé à lire les noms des victimes, au début de son allocution, plusieurs personnes n'ont pu contenir le trop-plein d'émotion qui les envahissait, et leurs pleurs pouvaient être entendus partout dans la salle.

Il a complété son discours en lisant, lentement, les prénoms de chacune des 26 victimes.

«Dieu les a rappelées à la maison. Pour ceux d'entre nous qui restons, tâchons de trouver la force pour aller de l'avant et faire en sorte que notre pays soit digne de leur mémoire.»

Pour M. Obama, qui achève sa quatrième année à la Maison-Blanche, il s'agissait d'un autre pénible périple, son quatrième, dans une ville affligée par un carnage semblable. C'est le travail d'un président d'être sur place, d'écouter et de consoler, d'offrir de l'aide même s'il ne peut fournir rien de plus qu'une chaleureuse étreinte.

En privé, M. Obama a déclaré au gouverneur du Connecticut, Dannel Malloy, que la journée de vendredi avait été la plus difficile depuis qu'il est président.

M. Obama était arrivé à Newtown en fin d'après-midi dimanche. Il a d'abord rencontré, en privé, les membres des familles des victimes et les premiers répondants. La rencontre a eu lieu à l'école secondaire de Newtown, là où s'est tenue la veillée funèbre en soirée, à quelque trois kilomètres de l'École Sandy Hook.