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16/12/2012 03:55 EST | Actualisé 14/02/2013 05:12 EST

Les troupes américaines sont parties d'Irak mais les problèmes restent

Les problèmes de l'Irak, du chômage à la violence, n'ont pas été résolus avec le départ des troupes américaines il y a un an, se lamente Abou Mohamed, un vendeur sur un marché de Bagdad.

"Avec ou sans occupation américaine, pour nous, rien n'a changé", estime cet homme de 59 ans, qui vend des vêtements d'occasion sur le marché de Bab al-Charji, dans le centre de Bagdad.

"Durant l'occupation, il y avait des explosions, et aujourd'hui il y a toujours des explosions. Le taux de chômage est le même, la situation n'a pas changé", déplore Abou Mohamed.

Pour les Américains, "les Irakiens étaient comme des esclaves", affirme-t-il. "Ils n'ont laissé que la peur chez les Irakiens. Quel souvenir avons-nous d'eux? Rien de bon", poursuit-il.

Le dernier convoi de véhicules blindés américains a franchi le 18 décembre 2011 la frontière du Koweït, marquant ainsi le retrait total des troupes américaines d'Irak.

Une coalition dirigée par les Etats-Unis avait envahi le pays en 2003, renversant le dictateur Saddam Hussein et débutant un conflit qui aura coûté la vie à des milliers d'Irakiens et d'Américains.

Près de dix ans plus tard, de nombreux Irakiens souffrent toujours du manque cruel d'infrastructures et de services de base, n'ayant pas accès à l'électricité ou à l'eau potable. Et si les violences ont diminué depuis la fin du conflit confessionnel sanglant qui a suivi l'invasion américaine, les attentats restent fréquents.

Place Khilani, près de Bab al-Chargi, Mahmoud Yassine, 48 ans, vendeur de pneus et de batteries de voitures, exprime sa satisfaction face au départ des troupes américaines.

"Nous Irakiens sommes connus pour notre fierté, nous n'acceptons aucune occupation", dit-il.

Mais mis à part le départ des Américains, il n'y a presque rien d'autre à célébrer, indique M. Yassine. "Rien n'a changé depuis leur retrait", si ce n'est que "la situation est allée de mal en pis", estime-t-il.

"Nous sommes deux Etats en un Etat", affirme M. Yassine, faisant allusion aux tensions entre le gouvernement central de Bagdad et la province autonome du Kurdistan, qui se disputent des régions riches en réserves pétrolières.

La sécurité "serait peut-être meilleure si les Américains contrôlaient (...) plus la situation, mais malgré tout, leur départ doit être définitif", estime Karim Gata, un tailleur spécialiste des uniformes militaires, dans une petite boutique du marché de Bab al-Charji.

"Ils ne nous ont pas compris, et nous ne les avons pas compris. Ils sont venus pour des intérêts spécifiques, le pétrole étant le plus important (de ces intérêts)", ajoute-t-il.

Dans une rue près de la place Khilani, Abed Alayan, 47 ans, est installé au milieu de boîtes en carton contenant des vêtements et d'autres biens qu'il vend.

"Nos souhaits sont très simples, mais ils ne se sont pas réalisés. Personne n'est venu nous montrer la valeur du peuple irakien et de l'Irak", dit-il.

"Nous avons vu les Américains ici pendant longtemps, et nous avons entendu le bruit des tirs, de temps à autre. Aujourd'hui, je dis à l'occupation américaine: +quand l'occupation anglaise était là dans les années 1920 (...), ils ont construit de nouveaux ponts et des rues, mais vous, vous n'avez rien construit+", lance-t-il.

"Vous avez tout pris et êtes partis, nous laissant (seulement) douleur et souffrance", ajoute-t-il.

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