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16/12/2012 08:32 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

Les Premières Nations se mobilisent grâce au mouvement Idle No More

MONTRÉAL - Les militants pour les droits des Premières Nations s'apprêtent à tenir plusieurs manifestations cette semaine dans le cadre d'un mouvement connu sous le nom de «Idle No More», qui a réussi à mobiliser les autochtones de partout au pays grâce à sa forte présence sur le Web.

Le groupe dénonce l'impact des politiques du gouvernement Harper sur les Premières Nations et demande à ce que ces dernières soient considérées comme des parties prenantes dans les décisions touchant les terres et les ressources du Canada.

Dans le manifeste publié sur son site, il affirme que plusieurs pays ont fait le choix du développement durable et que les Premières Nations doivent réclamer la même chose d'Ottawa. Il dit aussi avoir une vision et un plan pour établir des communautés autochtones saines, justes, équitables et durables.

Idle No More a rapidement gagné en popularité grâce à une nouvelle génération d'activistes qui savent utiliser les médias sociaux. Des milliers d'entre eux ont employé le mot-clé #idlenomore sur Twitter pour débattre de certaines questions et diffuser de l'information au sujet des prochaines manifestations.

Le calendrier des événements, qui se déroulent d'un océan à l'autre, est mis en ligne sur le site Web du mouvement et sur sa page Facebook. Après une première série de protestations le 10 décembre, d'autres rassemblements sont prévus pour cette semaine, qui se terminera par une grande manifestation sur la colline parlementaire vendredi.

Le groupe a été créé par quatre femmes de la Saskatchewan en réaction à certains projets de loi présentés au Parlement­, plus particulièrement le C-45, le projet de loi omnibus sur le budget, qui affaiblit selon elles les lois environnementales.

«Nous avons commencé à en discuter et nous avons eu le sentiment que nous devions attirer l'attention du public sur cette législation», a déclaré Jessica Gordon, l'une des quatre fondatrices de Idle No More.

Selon Jan O'Driscoll, un porte-parole du ministre des Affaires autochtones, John Duncan, le ministère a fait des efforts pour consulter les leaders des Premières Nations et continue à travailler sur les problèmes urgents comme l'accès à l'éducation, à l'eau potable et à des logements décents dans les réserves.

M. O'Driscoll a ajouté que le ministre Duncan avait aussi essayé d'entrer en contact avec Theresa Spence, chef de la Première Nation Attawapiskat, qui amorce sa deuxième semaine de grève de la faim. Sa communauté avait fait les manchettes l'an dernier en raison des conditions de vie horribles de ses habitants.

Mme Spence a promis de poursuivre sa grève jusqu'à ce que le gouvernement conservateur fasse preuve d'un plus grand respect envers les autochtones. Elle réclame une rencontre entre la Couronne, le premier ministre Stephen Harper et les représentants des Premières Nations.