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16/12/2012 12:09 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

Victoire des conservateurs au Japon: des choix difficiles attendent le pays

TOKYO - Après avoir mené son Parti libéral démocratique (PLD, conservateur) à une victoire écrasante lors du vote de dimanche, Shinzo Abe a prévenu lundi que des choix difficiles attendent les Japonais, alors qu'il tentera de relancer l'économie du pays et d'en rehausser la sécurité sur fond de détérioration des relations avec la Chine.

Le PLD, qui avait dirigé le Japon presque sans interruption depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avant d'être chassé du pouvoir en 2009, a remporté 294 des 490 sièges disponibles.

Les membres du Parlement devraient voter le 26 décembre afin de choisir le prochain premier ministre. M. Abe, qui a occupé ce poste de 2006 à 2007, est certain d'être choisi en raison de la majorité dont dispose sa formation.

M. Abe, qui deviendra ainsi le septième premier ministre du Japon en six ans et demi, proposera probablement une augmentation des dépenses d'infrastructures et incitera la banque centrale à intervenir pour aider le pays à émerger de sa spirale déflationniste.

Les places boursières se sont envolées lundi matin à leur plus haut niveau depuis avril, reflétant l'espoir du monde des affaires que les politiques économiques de M. Abe seront plus efficaces que celles des démocrates qu'il remplace.

M. Abe a expliqué aux journalistes, lundi, que le Japon est confronté à plusieurs crises — de la faiblesse de l'économie aux questions de sécurité, en passant par la reconstruction du pays dans la foulée du tsunami de l'an dernier.

«Notre mission est de surmonter ces crises, a-t-il dit. Le public va nous surveiller de près.»

Il s'agit d'une amère défaite pour l'actuel premier ministre Yoshihiko Noda et le Parti démocrate. Le gouvernement faisait face à une grande insatisfaction en raison de son incapacité à respecter ses promesses et de la stagnation de l'économie

Le Parti démocrate, qui avait remporté une victoire écrasante aux élections précédentes, n'a obtenu que 57 sièges. Reconnaissant la gravité de la défaite, M. Noda a annoncé qu'il en assumait la responsabilité et qu'il démissionnait de son poste de chef de parti.

L'un des sept nouveaux partis candidats aux élections, les nationalistes du Parti de la restauration japonaise, compteront 54 députés. Ce parti est mené par l'ancien gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, et le maire d'Osaka, Toru Hashimoto, deux personnages très controversés.

Le Parti de demain, un parti antinucléaire formé il y a seulement trois semaines, n'a décroché que neuf sièges. Le quotidien «Sankei» affirmait lundi que le Parlement japonais comptait dorénavant 346 députés favorables à l'énergie nucléaire, contre seulement 132 précédemment. Des candidats antinucléaires semblent toutefois avoir divisé le vote dans certaines circonscriptions, permettant l'élection du candidat du PLD.