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16/12/2012 04:05 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

L'armée peine à retenir sa capacité de renseignement acquise en temps de guerre

OTTAWA - Les Forces armées canadiennes tentent de garder ses capacités de récoltes de renseignements et de contre-espionnage malgré des difficultés budgétaires, indiquent des documents de la Défense nationale.

Une note de synthèse à l'intention du commandant de l'Armée canadienne, le lieutenant-général Peter Devlin, indique que l'armée a poussé le chef du renseignement des forces armées à combler des postes permanents de renseignement au sein de brigades et d'unité de renseignements qui pourraient être appelées à être déployées à l'étranger.

Les documents, obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi à l'accès sur l'information, montre que l'armée est anxieuse de protéger ses sources humaines (HUMINT), et de donner de meilleures ressources au contre-espionnage.

La mission militaire en Afghanistan étant terminée, le budget de la Défense réduit, on craint une «dégradation» de la qualité de ces services.

Le budget de l'armée a lui-même chuté de 22 pour cent.

Au cours d'une audience devant le comité sénatorial sur la sécurité et la défense, le commandant en chef de l'Armée canadienne, le lieutenant-général Peter Devlin, a dit vouloir investir l'équivalent de 1500 postes réguliers au sein de Forces pour acquérir des outils comme des hélicoptères et des drones et de mener des recherches sur les engins explosifs improvisés.

Il n'a pas mentionné jusqu'à quel point cela impliquait du renseignement sophistiqué, mais les documents indiquent que c'est une préoccupation grandissante.

La note de synthèse, datée du 8 avril, souligne que l'expérience opérationnelle récente des Forces a renforcé la conviction des responsables que les forces terrestres dépendaient de plus en plus d'un réseau de renseignements sophistiqués se basant sur toutes les sources possibles.

L'armée a fait face à des difficultés au début de la mission à Kandahar, en Afghanistan, en 2005, parce qu'elle n'avait pas de réseau sophistiqué de sources sur le terrain et manquait d'expérience dans les interrogations de prisonniers.

Des documents rendus publics l'année dernière montrent que des agents du Service canadien du renseignement de sécurité ont été amenés au début de la guerre pour aider à l'interrogation de prisonniers talibans. Cette pratique a pris fin quand les officiers de l'armée ont acquis plus d'expérience.

L'OTAN et l'armée canadienne ont tous les deux indiqué qu'ils avaient été surpris par un regain des assauts des talibans au printemps 2006. Alors que la participation du Canada au conflit prenait fin l'été dernier, le général à la retraite Walt Natynczyk, qui était alors à la tête de la défense, avait souligné que le renseignement n'était pas une science exacte.

«Nous ne sommes pas les seuls à avoir passé par ce type de découverte, parce que le renseignement n'est jamais une science exacte», avait confié M. Natynczyk dans son dernier entretien avec la Presse Canadienne, soulignant que même si les responsables canadiens travaillaient très fort, tous les facteurs ne pouvaient être évalués.

La note de synthèse à l'intention du lieutenant-général Devlin a dit que d'autres armées avaient appris de leur expérience dans les Balkans, en Irlande du Nord, au Kosovo, en Irak et en Afghanistan et ont ainsi développé des habiletés de renseignement sur le terrain hautement développées.

La division de contre-espionnage de l'armée canadienne est une branche conjointe qui enquête sur des menaces et de possibles failles dans la sécurité.

Le mémo suggère que l'armée veut miser sur son propre service, comme l'ont fait les marines américains.

La marine canadienne s'est également posé des questions lorsqu'il en vient au renseignement.

Elle est en transformation depuis 2010 et a suggéré de placer plus d'officiers du renseignement sur les bateaux déployés à l'étranger, mais des restrictions budgétaires ont ralenti ce plan.