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16/12/2012 06:16 EST | Actualisé 15/02/2013 05:12 EST

C.-B.: le rapport de la commission d'enquête sur l'affaire Pickton publié lundi

VANCOUVER - Plus de dix ans après l'arrestation du tueur en série Robert Pickton, le commissaire Wally Oppal dévoilera lundi un rapport de 1448 pages décrivant pourquoi il n'a pas été attrapé plus tôt et ce qui devrait être fait pour prévenir des échecs similaires à l'avenir.

Pickton a été condamné en 2007 à la prison à vie pour les meurtres de six femmes, même si la police a retracé l'ADN de 33 femmes sur sa propriété de Port Coquitlam, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Vancouver. Il avait déjà avoué à une police secrète qu'il avait tué 49 femmes.

La commission présidée par Oppal a entendu 80 témoins sur une période de huit mois, dont des policiers et des ex-policiers, des procureurs de la couronne, des travailleurs du sexe, des universitaires et les familles des femmes disparues. Cette commission avait été convoquée pour examiner les raisons pour lesquelles la police de Vancouver et la GRC n'avaient pas attrapé Pickton avant son arrestation en février 2002, malgré des preuves ayant fait surface des années plus tôt le liant à la disparition de travailleuses du sexe de Vancouver.

On a aussi demandé à M. Oppal de se pencher sur la décision de l'avocat de la Couronne de ne pas poursuivre Pickton pour une tentative de meurtre à la suite d'une attaque brutale sur une travailleuse du sexe de Vancouver en 1997. Après la suspension de cette accusation, 19 autres femmes sont disparues.

L'enquête a entendu des témoignages selon lesquels des officiers hauts placés ont longtemps refusé de croire qu'un tueur en série opérait dans leur ville, tandis que des responsables de la GRC à Port Coquitlam ont pris du temps à sérieusement enquêter sur le tueur.

M. Oppal a souligné que les problèmes qui sont survenus tout au long de l'enquête sur Pickton doivent être résolus, puisqu'il n'était pas le premier tueur en série du Canada, et ne sera certainement pas le dernier.

«D'horribles tragédies ont eu lieu ici, et nous devons apprendre de ces tragédies. Nous devons nous rassembler comme communauté pour que les femmes soient mieux protégées», a déclaré M. Oppal au cours d'un entretien.

De rassembler la communauté a en fait peut-être été le défi le plus important de M. Oppal.

Parce que le gouvernement provincial a décidé de ne pas donner du financement aux groupes qui ont obtenu le statut de participant à la commission, plusieurs d'entre eux ont boycotté le processus.

Certains de ces groupes ont organisé une conférence de presse le mois dernier, au cours de laquelle ils ont dénoncé le rapport de M. Oppal et l'enquête au complet, disant que la commission s'est trop penchée sur la police et n'a pas assez laissé de place aux femmes vulnérables que l'on voulait protéger en mettant en place la commission.