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15/12/2012 05:08 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Tuerie au Connecticut : le tireur est entré par effraction

Un texte de Lili Boisvert

Le tireur de Newtown est entré par effraction dans l'école où il a commis son massacre, ont annoncé les autorités policières de l'État du Connecticut, samedi matin.

Plus tôt, des informations avaient circulé voulant que la directrice de l'école lui ait ouvert la porte, en déverrouillant le système de sécurité de l'établissement.

Les autorités n'ont pas encore révélé l'identité des victimes de la tuerie, mais un médecin légiste doit donner plus de détails dans la journée sur la fusillade survenue la veille dans l'école primaire de Newtown, où un tireur a tué 26 personnes, dont 20 enfants. Des personnes auraient aussi été blessées, atteintes par des balles lors de la fusillade.

La police a par ailleurs confirmé qu'il y avait une deuxième scène de crime à Newtown, où le cadavre d'une femme a été découvert. Des médias américains affirment qu'il s'agirait de la mère du tueur.

Les policiers disent également que « des preuves » pouvant expliquer les motifs du tueur ont été trouvées sur cette seconde scène de crime, sans toutefois en révéler la teneur.

Comme la veille, le chef de la police de l'État du Connecticut, Paul Vance, a demandé aux médias de respecter l'intimité des familles des victimes - ce qu'elles réclament elles-mêmes. Un policier a d'ailleurs été assigné à chaque famille pour répondre à leurs demandes et à leurs questions, a précisé M. Vance.

Une ligne téléphonique d'intervention a aussi été mise à la disposition des résidents de Newtown qui ont besoin de soutien.

Les événements tragiques de vendredi

Vers 9 h 30, vendredi, un homme de 20 ans identifié par les médias comme étant Adam Lanza, a fait irruption dans l'école et a fait feu sur des élèves et des membres du personnel. Il se serait ensuite enlevé la vie, puisqu'il a été trouvé mort et que les policiers ont affirmé ne pas avoir ouvert le feu.

Les policiers ont travaillé toute la nuit et au matin, samedi, tous les corps avaient été retirés de l'école. Les victimes sont désormais toutes identifiées.

Une petite Canadienne de 6 ans originaire de Winnipeg serait au nombre des victimes.

« On leur a dit que c'était un exercice »

Une employée de la bibliothèque de l'école, Ann Jacob, a donné sa version des événements aux médias samedi. Elle a expliqué que le tireur s'est introduit dans l'établissement par la porte d'entrée, qu'il a passé devant une première classe, puis qu'il est entré dans les deux classes suivantes où il a ouvert le feu. Ces classes sont situées juste à côté de la bibliothèque. Les bibliothécaires, entendant les coups de feu, ont dit aux élèves présents dans le local de se cacher derrière des étagères.

« On leur a dit que c'était un exercice », a expliqué Mme Jacob. Les employées de la bibliothèque ont ensuite remarqué que la porte du local n'était pas verrouillée et ils ont alors enfermé les enfants dans une remise qu'ils ont barricadée avec des étagères en fer.

Après avoir hésité un moment à ouvrir la porte aux policiers, les enfants et les employés de la bibliothèque ont finalement été évacués, plus d'une heure après les premiers tirs.

« On a vu très vite qu'il manquait deux classes, deux classes de maternelle », ajoute-t-elle.

Les motifs toujours inconnus

On commence à apprendre un peu d'informations sur le présumé tireur, Adam Lanza. Les policiers n'ont pas encore confirmé sa responsabilité dans l'évènement ni indiqué que sa mère était bel et bien morte dans les évènements. Son frère Ryan, dont l'identité a circulé comme étant celle du tueur pendant quelques heures, vendredi, a été interrogé par les policiers.

Il aurait lui-même reçu son éducation primaire à l'école Sandy Hook.

Les policiers ont confirmé l'utilisation d'une arme à feu, qui aurait été saisie sur les lieux de la tragédie. Des médias ont fait état de deux à quatre armes, dont un fusil semi-automatique.

D'autres survivants ont commencé à raconter leur expérience, souvent difficile à entendre. Un enfant a expliqué s'être caché dans un placard du gymnase jusqu'à ce qu'un policier l'évacue vers la caserne de pompiers, devenu le point de ralliement des enfants rescapés et des parents inquiets.

Une autre enseignante a quant à elle dit s'être enfermée dans la classe avec ses enfants en leur demandant de ne pas faire de bruit, mais en leur disant comme elle les aimait.

Des élèves et des membres du personnel ont raconté avoir entendu des dizaines de coups de feu.