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15/12/2012 02:26 EST | Actualisé 14/02/2013 05:12 EST

Newtown, petite ville paisible qui a vu l'enfer

Au milieu des bois, des collines et des rivières, loin du bruit et de la violence des grandes villes, Newtown était jusqu'à présent une "petite ville tranquille" de 27.000 habitants qui, vendredi matin, a vécu "l'enfer".

"Newtown, Connecticut, la deuxième pire fusillade de l'histoire des Etats-Unis ? Ce n'est pas possible. Une petite ville tranquille, mignonne, c'est incroyable!", n'en finit pas de s'interroger Ray Horvath, un retraité animateur bénévole pour des activités avant et après la classe.

Il connaît au moins 60 enfants des 600 élèves qui vont à l'école Sandy Hook où une fusillade a fait vendredi 26 morts, dont 20 enfants.

Alors la ville a vu "l'enfer", selon le gouverneur de l'Etat Dannel Malloy.

Samedi matin, par un jour froid et ensoleillé, la petite ville tentait de faire face au malheur, alors qu'elle était prise d'assaut par des centaines de journalistes provoquant des embouteillages et tentant d'interroger chaque habitant.

Sur la rue principale, des pancartes portent des phrases écrites à la main : "Notre amour et nos prières à notre communauté", "Embrasse un instituteur aujourd'hui", "Que Dieu bénisse Sandy Hook".

"Il y a une culture de mort dans le monde, nous en avons reçu un éclat", indique à la presse le diacre Rick Scinto.

Dans cette petite ville vieille de trois siècles à l'air britannique, comme beaucoup de localités du nord-est des Etats-Unis, "tout le monde se connaît". Plus de 90% des habitants sont des anglo-saxons.

Là, le président Barack Obama y a été dépassé en voix par son challengeur, le républicain Mitt Romney à l'élection présidentielle, avec 6.784 voix contre 7.451 voix.

De belles maisons de bois au milieu de terrains arborés, quelques magasins de vêtements, deux ou trois restaurants, un "Diner" très américain à côté d'une station-service, des églises: une famille cherchant la tranquillité pourrait difficilement trouver plus calme pour élever ses enfants.

La ville s'enorgueillit aussi de son journal local, The Newtown Bee, un hebdomadaire fondé en 1877 qui fut le premier à diffuser une photo de ce qui se passait à l'école primaire.

Elle sait qu'elle court désormais le risque de devenir aussi célèbre que Columbine, ce lycée du Colorado (ouest) touché par une fusillade qui avait fait 13 morts en 1999. "Nous aurions préféré ne pas être connus pour ça", dit une quinquagénaire qui veut rester anonyme.

"Nous devons avancer, nous unir autour de ceux qui ont été frappés et avancer", reprend le diacre Rick Scinto.

Après une veillée vendredi soir devant l'église catholique Saint Rose de Lima, plusieurs églises des environs allaient tenir samedi des services religieux en hommage aux victimes.

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