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15/12/2012 04:35 EST | Actualisé 14/02/2013 05:12 EST

Les Égyptiens aux urnes pour voter sur l'ébauche de la constitution

LE CAIRE, Égypte - Avec comme enjeu l'avenir de leur nation, les Égyptiens ont fait la file samedi pour se prononcer sur l'ébauche de leur future constitution, après des semaines de chaos qui ont fortement divisé les citoyens entre les partisans islamistes et ceux qui craignent l'imposition de lois religieuses.

Le référendum survient au terme de près de deux ans de tumulte concernant l'identité postrévolutionnaire de l'Égypte après l'expulsion de Hosni Moubarak et de son régime autoritaire.

Des activistes des deux côtés décrivent cette consultation populaire comme une bataille par rapport à l'identité postrévolutionnaire du pays: mais la vraie question est de savoir si le vote penchera davantage vers un État religieux sous les ordres des Frères musulmans du président Mohammed Morsi et ses alliés salafistes ultraconservateurs, avec des principes islamistes qui limiteront les droits et des religieux qui auront leur mot à dire sur la législation, ou vers une constitution qui préservera les traditions laïques du pays, mais avec un caractère islamique.

Plusieurs Égyptiens mentionnent qu'ils sont principalement à la recherche de stabilité.

Des moniteurs des partis d'opposition et des groupes de droits de la personne rapportent jusqu'à maintenant de larges irrégularités dans le vote de samedi. Ils n'ont pas de fraudes systématiques à travers le pays à signaler, mais des rumeurs de violations se sont intensifiées alors que la nuit tombait. Dans la ville portuaire d'Alexandrie par exemple, quelque 1500 femmes égyptiennes provenant d'un quartier à tendance libérale ont bloqué une rue principale, clamant qu'un juge les avait empêchées de voter.

Les autorités électorales ont prolongé la période de vote de deux heures (jusqu'à 16 h 00 heure de l'Est), en raison des longues files d'attente et des nombreux délais dans les bureaux de scrutin.

Selon les supporters de Morsi, la constitution aidera à mettre un terme à l'instabilité politique qui règne depuis le départ de Moubarak. Certains partisans stipulent qu'elle limite les pouvoirs du président et protège les citoyens contre la torture et les abus de la police, mais d'autres — incluant les islamistes les plus extrêmes — ont adopté une ligne plus dure, décrivant la constitution comme un document qui vénère l'islam et dénonce ses opposants comme des non-croyants.

Près de 120 000 militaires ont été déployés samedi pour protéger les bureaux de scrutin, en raison des tensions qui sont survenues lors des jours précédant le vote. Des affrontements entre les supporters de Morsi et ses opposants au cours des trois dernières semaines ont fait au moins 10 victimes, en plus des quelque 1000 personnes qui ont été blessées.

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