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15/12/2012 11:29 EST | Actualisé 14/02/2013 05:12 EST

Les autorités policières de Newtown sont toujours à la recherche de réponses

NEWTOWN, États-Unis - Des enquêteurs tentaient de comprendre, samedi, ce qui aurait poussé un jeune homme de 20 ans, qualifié de brillant mais aussi de maladroit et asocial, à tuer 26 enfants et adultes dans une école élémentaire du Connecticut, pendant que les citoyens de la ville de Newtown ont tristement enlevé certaines de leurs décorations de Noël tout en cherchant à trouver des moyens d'aller de l'avant.

La tragédie de vendredi a mené à de nombreuses prises de conscience et un deuil généralisé partout au monde. Des familles vivant aussi loin qu'à Porto Rico ont commencé à préparer les funérailles de victimes qui avaient encore leurs dents de lait. Des chefs d'État ont offert leurs condoléances et des résidants de nombreuses villes des États-Unis ont organisé des vigies.

Le président Barack Obama a annoncé, samedi soir, qu'il assisterait à un service commémoratif à Newtown dimanche. Également samedi, Peter Lanza, le père du présumé tireur, a diffusé un communiqué dans lequel il témoigne de la grande tristesse de la famille et de son incompréhension face à la tragédie.

Parmi la tristesse et le désarroi, des actes d'héroïsme ont émergé, incluant les détails entourant les efforts de la directrice de l'École élémentaire Sandy Hook qui a perdu la vie en tentant d'empêcher Adam Lanza de causer l'irréparable.

L'école sera d'ailleurs fermée la semaine prochaine, et certains parents ne peuvent imaginer comment ils peuvent y renvoyer leurs enfants. Les responsables n'ont pas encore décidé si les autres écoles de la ville resteront ouvertes la semaine prochaine.

Les autorités policières n'ont fourni aucune information qui aurait permis de comprendre ce qui a provoqué la deuxième fusillade la plus meurtrière à survenir dans une école des États-Unis dans toute l'histoire du pays. Toutefois, le lieutenant Paul Vance, de la police d'État, a déclaré que les enquêteurs avaient trouvé de très bonnes pistes... qui permettront aux enquêteurs d'expliquer le comment et le pourquoi. Il a cependant refusé d'en dire davantage.

Par ailleurs, un autre membre des forces de l'ordre, s'exprimant sous le sceau de la confidentialité, a confié que les enquêteurs n'avaient retrouvé aucune note ni manifeste produit de la main du présumé tueur, comme ceux qu'ils s'attendent à découvrir depuis la tuerie survenue à l'Université Virginia Tech, en 2007, qui a fait 33 morts.

Le mystère s'est épaissi après que des responsables du secteur de l'éducation de Newtown aient réalisé qu'il n'existait aucun lien entre la mère de Lanza et l'école, contrairement aux nouvelles précédemment publiées selon lesquelles elle y enseignait. Les enquêteurs ont dit croire que Adam Lanza a fréquenté l'École élémentaire Sandy Hook il y a plusieurs années, mais étaient incapables d'expliquer pourquoi il s'est rendu à cette institution vendredi.

Lanza a tué sa mère, Nancy Lanza, dans la résidence qu'ils partageaient et s'est ensuite dirigé vers l'école au volant de la voiture de Mme Lanza muni d'au moins trois armes à feu. Il serait ensuite entré de force dans l'école et aurait fait feu dans deux classes, selon les autorités. En l'espace de quelques minutes à peine, il a tué 20 enfants et six adultes, avant de se suicider.

Selon le docteur H. Wayne Carver, coroner-en-chef du Connecticut, toutes les victimes ont été atteintes de plusieurs balles d'un fusil semi-automatique, certaines à bout portant. Des 20 enfants tués, huit étaient des garçons et 12 étaient des filles. Ils étaient tous âgés de 6 ou 7 ans. Les six adultes étaient toutes des femmes.

«Je serais chanceux de pouvoir vous dire combien de balles j'ai retrouvées», a déclaré le coroner, lorsque questionné sur le nombre de coups de feu qui auraient pu être tirés.

Le coroner a reconnu qu'il s'agissait du pire cas depuis le début de sa carrière, il y a 30 ans.

La tragédie a plongé la population de Newtown dans le deuil et ajouté cette pittoresque communauté de la Nouvelle-Angleterre à la sombre liste de villes affligées par de tels carnages au cours des dernières années, et qui ont périodiquement relancé le houleux débat sur le contrôle des armes à feu, sans beaucoup de succès.

Dans cette ville de 27 000 âmes, samedi, on pouvait y lire des affiches lançant de tels messages : «Faites l'étreinte à un professeur»; «S'il-vous-plaît, priez pour Newtown», ou encore «L'amour nous permettra d'aller de l'avant».

«Des gens de mon quartier se sentent coupables que Noël approche. Ils enlèvent leurs décorations», a raconté Jeannie Pasacreta, une psychologue qui conseillait des parents bouleversés sur la façon de dialoguer avec leurs enfants.

Les autorités ont dévoilé l'identité des victimes, samedi, mais dans cette communauté où les liens sont tissés très serrés, presque tous les citoyens semblaient connaître au moins l'une des victimes.

Parmi elles, Dawn Hochsprung, 47 ans, la directrice de l'école qui, selon des membres des autorités municipales, a payé de sa vie après avoir tenté d'empêcher le massacre; Mary Sherlach, 56 ans, la psychologue à l'emploi de l'école, qui aurait tenté d'aider les survivants à se remettre de la tragédie; une enseignante comblée d'avoir été embauchée au début de l'année scolaire, ainsi qu'une fillette de six ans, qui venait à peine de déménager du Canada.

«La semaine prochaine sera horrible», a avisé le président du conseil législatif de Newtown, Jeff Capeci, en faisant allusion à la série de funérailles qui devront être organisées. «Horrible, d'autant plus que ça se passera pendant la semaine avant Noël», a-t-il ajouté.

Les autorités ont indiqué que Lanza n'avait aucun antécédent judiciaire, et on ignore s'il avait un emploi. Lanza aurait souffert de troubles de la personnalité, a confié un membre des forces de l'ordre, qui s'est exprimé sous le sceau de la confidentialité.

Un autre agent des forces de l'ordre, qui a lui aussi requis l'anonymat, a déclaré que Lanza était atteint du syndrome d'Asperger, une forme légère d'autisme souvent caractérisée par des comportements maladroits sur le plan social. Selon des experts, les personnes qui en sont atteintes sont souvent très intelligentes. Aussi, bien que ces personnes peuvent s'impatienter beaucoup plus rapidement, il n'existe aucun lien officiel entre le syndrome d'Asperger et tout comportement violent.

Par ailleurs, des connaissances ont décrit Lanza comme étant un jeune homme intelligent, bien que bizarre et reclus. Des collègues de classe ont notamment raconté à quel point il était gêné, nerveux autour des gens et qu'il faisait très peu d'efforts pour interagir avec eux.