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15/12/2012 12:23 EST | Actualisé 14/02/2013 05:12 EST

Le conflit syrien est entré dans une "nouvelle phase" (HCR et UE)

Des responsables de l'Union européenne et du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) ont estimé samedi que le "brutal" conflit syrien était entré dans une "nouvelle phase", réclamant des fonds supplémentaires pour les déplacés et les réfugiés.

"Ce n'est pas un conflit comme les autres, c'est devenu un conflit brutal dans le contexte d'une tragédie humanitaire", a affirmé lors d'une conférence de presse à Beyrouth Antonio Guterres, le chef du HCR, qui a enregistré plus de 500.000 réfugiés syriens et table sur plus d'un million en juin 2013.

La Commissaire européenne pour l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a déploré le fait qu'apporter de l'aide en Syrie soit "de plus en plus difficile et même impossible dans certaines régions".

Les deux responsables se sont rendus samedi dans la vallée de la Bekaa, dans l'est du Liban, pour rencontrer des réfugiés qui ont évoqué "des atrocités et des combats d'une telle intensité qu'ils les ont poussés à fuir", selon Mme Georgieva.

Les autorités syriennes ont autorisé l'ONU à ouvrir huit nouveaux bureaux pour aider les déplacés, en particulier à Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Homs (centre) et Deir Ezzor (est).

Mais dans le même temps, "pour la première fois depuis le début du conflit, le personnel humanitaire international à l'intérieur de la Syrie a diminué", a noté Mme Georgieva.

"Nous comptons de plus en plus sur les employés locaux et sur les structures sociales syriennes et les organisations locales. Mais le problème est de faire parvenir l'aide. Cela devient très, très difficile", a-t-elle ajouté.

En plus des soucis logistiques, l'impact du conflit sur l'économie syrienne accentue également la crise humanitaire.

"Il y avait une production de médicaments et de composants permettant de rendre l'eau potable. Tout cela est fini", a déploré la commissaire européenne, donnant l'exemple d'Alep, capitale économique désormais ravagée par des mois de guérilla urbaine.

"Outre les nombreux morts et blessés, les hôpitaux sont détruits et il n'y a plus de services médicaux pour la population dans de nombreux endroits", a-t-elle ajouté, signalant aussi que selon des réfugiés, dans certains endroits le prix du pain a été "multiplié par 12".

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