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15/12/2012 01:36 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Habitué à boxer d'un seul bras, Jean Pascal et son entourage n'ont pas paniqué

MONTRÉAL - Quand Jean Pascal s'est rendu compte qu'il devrait passer la soirée à boxer d'un seul bras, vendredi, face à Aleksy Kuziemski, il n'a pas paniqué. Ses hommes de coin n'ont pas paniqué non plus. Après tout, c'était loin d'être la première fois que ça arrivait au boxeur lavallois.

Pascal, un droitier, avait dû boxer de sa seule main gauche, à son deuxième combat contre Adrian Diaconu, en décembre 2009. Il avait alors obtenu la victoire par décision unanime et conservé sa ceinture de champion du monde WBC des mi-lourds.

Et avant, pendant l'hiver 2007-2008, l'athlète lavallois avait dû livrer des combats successifs avec une épaule douloureuse, contre Brian Norman et Omar Pittman. Là aussi, comme vendredi face à Kuziemski, il avait dû se contenter de victoires moins éclatantes qu'espéré, par décision.

Sauf que ces expériences-là ont bien servi le clan Pascal face au Polonais de 35 ans, a reconnu l'entraîneur Marc Ramsay. Surtout la soirée contre Diaconu, alors que Pascal s'était franchement et clairement déboîtée l'épaule.

«Quand c'est arrivé face à Diaconu, je me souviens que j'avais paniqué un peu, a raconté Ramsay après avoir vu son boxeur obtenir un score de 100-88, 98-90 et 98-90 de la part des juges, vendredi devant un peu plus de 6000 spectateurs au Centre Bell. Quand tu es en combat de championnat du monde, tu ne veux pas voir ton athlète se retrouver dans une situation aussi précaire. Mais grâce à cette expérience, tout le monde dans notre coin est resté calme cette fois, Jean est resté en contrôle. Nous y sommes allés round par round, en s'assurant de contrôler le déroulement de l'action et de gagner le round. Et on s'est rendu jusqu'à la fin du combat comme ça.»

L'expérience du passé a également servi Pascal, qui est resté calme et a recommencé à avancer le bras gauche en milieu de combat, pour tenter de distraire Kuziemski et revenir le surprendre avec la droite. Ç'a réussi à quelques reprises.

«Jean a été intelligent, il a bien utilisé la puissance de ses jambes, et il a essayé de surprendre Kuziemski à quelques reprises à chaque round, a noté Ramsay. Il a fait preuve d'une belle originalité — il s'est placé en position de gaucher, il a fait des feintes avec sa gauche... Il a fait le boulot.»

Pascal s'est par ailleurs défendu d'être un athlète fragile, lui qui en était vendredi à son premier combat en 19 mois, justement, parce qu'il a dû annuler deux affrontements en raison de blessures successives.

«Je ne pense pas être un athlète fragile, a-t-il dit. Parce qu'un athlète fragile n'aurait pas fait 10 rounds comme ça. C'est peut-être juste de la malchance. Je suis un athlète avec un corps extrêmement puissant, peut-être un peu trop puissant pour mes muscles, je ne sais pas, je ne suis pas médecin... Mais c'est sûr que ce sont des choses qu'on va regarder, pour essayer de renforcer certains muscles.»

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