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14/12/2012 05:04 EST | Actualisé 12/02/2013 05:12 EST

Un peu d'humour, des records et moins de préjugés

Les Jeux olympiques d'été de 2012, qui ont eu lieu du 27 juillet au 12 août, ont été de l'avis de la presse spécialisée très réussis, tant sur le plan sportif que sur tous les autres plans.

Les Jeux de Londres ont commencé par un message fort lors des cérémonies d'ouverture : les Britanniques, amoureux de leur reine, voulaient offrir un grand spectacle en respectant toutes les exigences du Comité international olympique, mais en gardant cet humour qui est le leur.

Ce fut le sketch avec la reine Élisabeth II, 86 ans, et son célèbre sujet James Bond, 50 ans, au château de Buckingham, et sautant en parachute au-dessus du stade de Stratford où 80 000 spectateurs ont salué l'audace et l'humour de Sa Majesté.

Sur le plan sportif, ce fut le sketch de deux acteurs de premier plan, Usain Bolt, 26 ans, et Michael Phelps, 27 ans, comme à Pékin en 2008.

Quatre ans après un premier triomphe olympique, le sprinter jamaïcain a ébloui Londres de son charisme, réussissant un nouveau triplé inédit (100, 200 et 4x100 m) pour devenir, a-t-il dit sans fausse modestie, « une légende vivante ».

Bolt a conquis le public britannique en reproduisant le signe du « M » au-dessus de la tête rendu célèbre par Mohamed Farah, lui-même double champion olympique sur 5 000 et 10 000 m à Londres.

Farah tout sourire, à l'image d'une délégation britannique heureuse d'avoir fait honneur à ses Jeux. Les athlètes de Sa Majesté ont remporté 65 médailles, dont 29 en or, et ont fini au 3e rang du classement mondial derrière les athlètes de la Chine et des États-Unis.

Parmi les 29 médailles d'or britanniques, on retiendra celle, historique, d'Andy Murray sur le court central de Wimbledon, après une victoire sans appel sur Roger Federer. Douce revanche après sa défaite face au joueur suisse en finale du célèbre tournoi de tennis britannique disputé sur ce même terrain quelques semaines plus tôt...

Côté piscine, l'Américain Michael Phelps a remporté sa 22e et dernière médaille olympique lors des Jeux de Londres, où il a choisi de mettre un terme à sa carrière et à un règne sans partage.

Le nageur de Baltimore est désormais l'athlète qui a remporté le plus de médailles dans l'histoire des Jeux, mais aussi le plus de médailles d'or (18).

L'Américain, premier nageur à détenir trois titres olympiques d'affilée sur la même distance, a été récompensé de son triomphe en étant invité à poser pour la célèbre maison Louis Vuitton. Après la très belle et touchante photo de Mohammed Ali, celle de Phelps laisse vraiment perplexe...

Les Jeux de Londres ont permis au quintuple champion du monde, Teddy Riner, de remporter le 3 août la médaille d'or qui lui manquait, face à des adversaires impressionnés par le colosse guadeloupéen de 23 ans, pour entrer définitivement au Panthéon des poids lourds du judo.

Riner voudra sans doute tirer sa motivation à tenter de faire le doublé, réussi avant lui par le Français David Douillet.

Faire tomber les murs

En dehors des performances, les Jeux de Londres ont repoussé des barrières symboliques.

Champion paralympique, le Sud-Africain Oscar Pistorius, 26 ans, a fait l'histoire à Londres en devenant le premier double amputé à participer à des Jeux olympiques.

Il est né sans péroné et a été amputé des jambes à l'âge de 11 mois. Ce qui ne l'a pas empêché de faire du sport sa vie : water-polo, cricket, boxe, rugby avant de choisir la course à pied.

Ses prothèses en lames en carbone ont fait fureur et provoqué la controverse. Peut-il participer à des compétitions avec des athlètes valides? Ses lames ne lui donnent-elles pas un avantage?

Finalement, « Blade runner » a été accepté aux Jeux de Londres. Il a été éliminé en demi-finale en individuel sur 400 m. Il a néanmoins participé à une finale olympique avec le relais 4 x 400 m sud-africain. Pour finalement terminer bon dernier, à la 8e place.

Encore plus symbolique, Londres a permis aux femmes de faire disparaître de tenaces préjugés.

Il y a eu la Britannique Nicola Adams, première médaillée d'or en boxe, et Maryam yusuf Jamal, du Bahreïn, médaillée de bronze sur 1500 m, la toute première femme d'un pays du Golfe sur un podium olympique.

Aussi, des représentantes du Qatar, de Brunei et de l'Arabie Saoudite ont participé aux Jeux de Londres.

Et il y a eu la Saoudienne Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani qui est apparue, déterminée, sur le tatami avec son fameux bonnet noir sur la tête en guise de voile, afin de ne pas heurter les autorités de son pays.

Âgée de 16 ans, la jeune fille n'avait jamais disputé de compétition, mais seulement suivi l'enseignement de son père, arbitre international. Sa participation a fait l'objet de discussions serrées entre sa délégation, le CIO et la Fédération internationale de judo.

Sa présence sur le tatami olympique ne s'est décidée qu'en toute dernière minute, au prix de cet accoutrement qui n'a pas fait l'unanimité, loin de là, plusieurs y voyant la porte ouverte à tous les accommodements imaginables.

Elle a été battue par ippon après 82 secondes de son premier combat, et a éclaté en sanglots dans les bras de son père à sa descente du tatami, sous les applaudissements. Elle est entrée de plein droit dans l'histoire en devenant la première Saoudienne engagée aux Jeux olympiques.

Pour l'anecdote, les femmes ont pu pour la première fois participer à toutes les disciplines olympiques, alors que deux disciplines se refusent encore aux hommes, la gymnastique rythmique et la natation synchronisée. Devrait-on s'en offusquer?

Moins de dopage?

Enfin, le dopage n'aura pas (trop) sali les Jeux de Londres. Du moins, pour l'instant, compte tenu de la période de prescription de deux olympiades.

Le champion olympique du 50 km marche, l'Italien Alex Schwazer, a été rattrapé avant son arrivée à Londres. Il a reconnu s'être dopé et a mis fin à sa carrière.

La presse spécialisée s'est posée de grosses questions quand la nageuse chinoise Ye Shiwen a réussi un retentissant record du monde sur 400 m 4 nages ou après que les Américains eurent établi le record du monde du 4 fois 100 m, qui appartenait depuis 1985 à l'Allemagne de l'Est.

Le CIO s'est fait un devoir pendant la quinzaine de rappeler la quantité de contrôles effectués et le faible nombre de cas positifs.

Somme toute, ce fut un rendez-vous olympique parfaitement huilé, servi par une météo finalement assez clémente et des transports collectifs à la hauteur pour une agglomération habituellement congestionnée qui a su faire oublier les craintes pour la sécurité.