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14/12/2012 08:49 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Tunis veut l'extradition d'un gendre de Ben Ali interpellé aux Seychelles

Le gouvernement tunisien a annoncé vendredi sa ferme intention d'obtenir l'extradition de Sakhr El Matri, un gendre du président déchu et symbole de la corruption de l'ancien régime, interpellé aux Seychelles, à trois jours du deuxième anniversaire de la révolution.

"Les autorités tunisiennes feront tout pour obtenir l'extradition de Sakhr El Matri", a affirmé le ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, après avoir annoncé que le gendre préféré du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, avait été interpellé aux Seychelles.

M. Bhiri s'exprimait devant un colloque sur la récupération des avoirs acquis dans des conditions douteuses par la famille de l'ancien président et celle de sa femme Leïla Trabelsi.

Poursuivi et condamné par contumace dans des affaires de corruption, Sakher El Matri avait fui la Tunisie peu avant la chute du régime en janvier 2011. Il s'était réfugié au Qatar mais ce pays a annoncé l'avoir expulsé en septembre.

"Les autorités seychelloises ont ouvert une enquête parce qu'il fait l'objet d'un mandat d'amener international et parce que son passeport a expiré", a indiqué le ministre de la Justice.

Le porte-parole du ministère, Fadhel Saïhi, a précisé sur radio Mosaïque FM que le gendre de Ben Ali avait été interpellé au moment où il tentait d'entrer aux Seychelles avec un passeport diplomatique périmé. Il est actuellement interrogé par la police de ce pays.

L'ancien couple présidentiel et leurs proches avaient passé des vacances discrètes aux Seychelles avant la révolte de décembre 2010-janvier 2011.

Sakhr El Matri, 31 ans, était qualifié de gendre préféré de l'ancien couple présidentiel et présenté comme un dauphin potentiel de Ben Ali.

Patron de Princess Holding, il était devenu en quelques années grâce à son alliance avec l'ancien président un homme d'affaires actif dans tous les secteurs économiques. Ses avoirs ont été confisqués ou placés sous administration de l'Etat.

En juillet, l'Etat tunisien a annoncé la cession de ses parts saisies dans le capital de l'opérateur "Tunisiana" détenu à 75% par Qatar Telecom, et dans la société "Ennakl Automobiles" concessionnaire de Volkswagen notamment.

La Tunisie réclame aux pays qui accueillent des proches de l'ancien président de les extrader et de restituer leurs avoirs détournés. Elle a ainsi demandé en vain l'extradition de l'ancien président, réfugié en Arabie Saoudite avec son épouse, depuis leur fuite le 14 janvier 2011.

L'ex-président a été condamné dans plusieurs affaires notamment à la réclusion à perpétuité pour complicité de meurtres de manifestants lors du soulèvement qui l'a chassé du pouvoir.

Malgré de nombreuses requêtes et démarches, Tunis n'arrive pas à faire avancer sérieusement le dossier des extraditions et de la récupération des avoirs gelés à l'étranger de Ben Ali et ses proches.

Pourtant, le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda voit dans ce dossier l'un "des objectifs de la révolution", déclenchée le 17 décembre 2010 par l'immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid (centre-ouest); dans un geste de désespoir pour protester contre la pauvreté et les brimades policières.

Belhassan Trabelsi, autre symbole de l'affairisme de l'entourage de l'ancien président, qualifié de "quasi-mafieux" par un câble diplomatique américain révélé par WikiLeaks, a trouvé refuge au Canada.

Beau-frère de Ben Ali, cet ancien homme d'affaires prospère, a perdu en mai son statut de résident permanent au Canada mais semble vouloir demander l'asile politique, ce qui retarderait toute possibilité d'obtenir son extradition.

Autre gendre de Ben Ali, l'homme d'affaires Slim Chiboub, réfugié aux Emirats arabes unis, a exprimé récemment son désir de rentrer quitte à répondre auprès de la justice sur les origines de sa fortune.

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