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14/12/2012 07:51 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Taillibert fustige le rapport

Roger Taillibert est furieux! Il ne comprend pas le rapport qui vient d'être publié sur l'avenir du Stade olympique de Montréal.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

L'architecte du Parc olympique des Jeux de 1976 a livré ses états d'âme, vendredi, à Radio-Canada Sports.

« Ce qui me surprend, c'est la biodiversité qu'il y a dans ce rapport. Parce que depuis les aménagements qui ont transformé le vélodrome en Biodôme au début des années 1990, on a décidé de traiter d'autres problèmes que ceux de l'homme. Je suis très surpris et dans tout ce rapport, on n'en parle très peu, lance Taillibert.

« Ce qui me surprend, c'est que dans ce bâtiment dont on ne parle pas (vélodrome), il y avait plus d'une demi-douzaine de sports qui se pratiquaient à l'intérieur. Ça représente très certainement plus de 500 000 jeunes par année qui pourraient pratiquer un sport très certainement », poursuit-il, au sujet de l'idée de réaménager certains espaces en plateaux sportifs.

Questionné au sujet du bassin de plongée sous-marine de 15 mètres qui sera démoli le 1er janvier pour faire place à deux gymnases près des piscines olympiques, l'architecte français n'en revient tout simplement pas.

« À mon avis, c'est indispensable d'avoir cet outil et le supprimer serait une grave erreur. Parce qu'au moment où on veut ouvrir les portes (du stade) à la jeunesse, je pense que plusieurs jeunes aimeraient pouvoir pratiquer ce sport.

Il est donc important de garder cet équipement à Montréal pour que les jeunes puissent apprendre à plonger en toute sécurité. C'est une richesse que le Canada et Montréal aient pu avoir ce bassin. Il ne faut pas s'en déposséder », affirme l'architecte, qui était à l'origine de l'idée d'ériger un bassin intérieur de 15 mètres pour la plongée sous-marine. Il ajoute que dans les étages inférieurs de la tour, il existe 10 000 mètres carrés d'espaces inoccupés qui avaient été prévus pour accueillir des plateaux sportifs et deux ascenseurs-courbes intérieurs pour y accéder.

Attention au toit!

Par ailleurs, Roger Taillibert lance un avertissement sévère aux élus qui sélectionneront une nouvelle solution pour le toit du stade, dont on parle beaucoup depuis la déchirure de la toile en 1999 et qui empêche toute activité sur le terrain en hiver. Si l'une des conclusions du rapport du comité-conseil sur le Parc olympique de Montréal rédigé par Lise Bissonnette dit que l'avenir du stade passe par un nouveau toit mobile, attention, dit Taillibert.

« Il a jamais été question que le toit du stade soit un ascenseur permanent qui devait s'ouvrir aux yeux des gens toutes les 5 minutes. Mais de ce fait, on a utilisé des câbles 15 fois trop gros, 15 fois trop lourds. Bref, tout a été fait pour que ça ne fonctionne pas », explique l'architecte qui rappelle que le stade n'est pas conçu pour supporter plus de 300 tonnes. « Alors les solutions de toit d'acier ou autres à 6000 tonnes sont à envoyer à la poubelle », poursuit Taillibert.

Lorsqu'on rappelle que le stade olympique de Vancouver s'est doté d'un toit rétractable, l'architecte réplique avec les problèmes que cause le nouveau plafond du BC Place. « C'est pas du tout le toit qui était prévu », clame l'architecte qui compare les deux projets.

Rappelons que dans le rapport, il est également question de transformer le Parc olympique pour en faire un « écosystème de l'activité physique, des loisirs et des sports de tous niveaux, pour tous les âges » et d'étudier la possibilité d'y emménager un Musée du sport québécois, qui ferait la promotion des grands exploits des athlètes d'ici et rappellerait l'héritage des Jeux olympiques de 1976.

Une telle transformation du Parc olympique nécessiterait toutefois des modifications législatives au mandat de la Régie des installations olympiques (RIO), dont les fonctions sont présentement limitées aux sphères mobilière et immobilière.