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14/12/2012 11:45 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Jean Pascal s'impose contre Aleksy Kuziemski... avec un seul bras

MONTRÉAL - Forcé de boxer avec un seul bras, le droit, Jean Pascal a quand même défait le Polonais de 35 ans Aleksy Kuziemski par décision unanime des juges en 10 rounds, vendredi au Centre Bell, à son premier combat en 19 mois.

Pascal (27-2-1, 16 K.-O.) a commencé à boxer avec un seul bras pendant la quatrième reprise, après que son bras gauche eut resté pris par mégarde dans le ruban vertical des câbles du ring. Le boxeur lavallois a toutefois expliqué, après son combat, qu'il avait ressenti un malaise à l'épaule avant le combat, comme si c'était «un nerf coincé», et celui-ci s'est aggravé pendant le deuxième round.

Ça ne l'a pas empêché de faire fi de la rouille après deux reprises et de dominer Kuziemski (23-5-0, 7 K.-O.) par la suite, surtout dans les fins de round, pour obtenir un score de 100-88, 98-90, 98-90 de la part des juges.

«J'aurais aimé en donner plus, en donner plus aux amateurs, et gagner par K.-O., a commenté Pascal. Mais au moins on a fait des rounds, ç'a permis d'enlever la rouille et maintenant, on est prêt à reconquérir le monde.

«Je suis convaincu que j'aurais obtenu le K.-O. si j'avais pu faire des combinaisons. Mais pour faire des combinaisons, ça prendre deux bras.»

Normalement, une victoire aurait préparé la table pour l'affrontement à venir, déjà confirmé avant le combat, contre le champion du monde WBC des mi-lourds Chad Dawson. Mais la blessure subie vendredi par Pascal pourrait venir contrecarrer ces plans.

Yvon Michel, le promoteur de Pascal, a indiqué que son protégé subirait des examens plus approfondis, samedi, afin de déterminer s'il s'agit d'une blessure qui se résorbera rapidement ou non. Une décision sera ensuite prise en conséquence, a-t-il dit.

«Jean souffre d'une douleur qui a un rayon assez large, il a une inflammation à l'épaule, on n'a pas de diagnostic précis pour l'instant, a indiqué Michel. On a pris rendez-vous pour des radiographies et on en saura plus long (samedi).»

«Je suis optimiste, et je crois que je vais pouvoir affronter Dawson, mais avant tout, je veux boxer en santé», a indiqué Pascal.

Reste que l'ancien champion des mi-lourds, qui n'avait pas boxé depuis le printemps 2011, a fait plus qu'accomplir le boulot qu'on attendait de lui, compte tenu des circonstances. Bien des boxeurs n'auraient pas réussi à surmonter ainsi la rouille et une blessure aussi importante, qui a forcé le Lavallois de 30 ans à boxer pratiquement comme un manchot.

«J'ai fait presque tout le combat à une main et puis, le 10e round, sans main du tout, quand je me suis légèrement blessé à la main en le frappant, a fait savoir Pascal. Comme je n'avais plus déjà le bras gauche, je ne voulais pas perdre le droit, alors je suis resté prudent. À la boxe, ça prend deux bons bras, alors imaginez quand vous n'en avez aucun!»

Une malchance... puis une autre

Comme il fallait s'y attendre, le début du combat a été ardu pour Pascal, visiblement rouillé et hésitant. Et les choses se sont compliquées au deuxième round, quand l'ancien champion a semblé se blesser à l'oeil droit. Les effets se sont dissipés au troisième, quand plusieurs de ses combinaisons — des deux mains — ont atteint le Polonais.

Mais Pascal a encore été malchanceux au quatrième, quand son bras gauche est resté pris dans les câbles. Il n'a donné aucun coup de la gauche pendant le reste du round. Et au cinquième, il a quand même atteint la cible plusieurs fois, malgré le même handicap. Même chose dans la dernière minute du sixième round, alors que Kuziemski a chuté et l'arbitre Marlon B. Wright y est allé d'un compte de huit — vite interrompu toutefois.

Pascal a répété le manège au septième, en adoptant une approche prudente en début de round pour ensuite accélérer la cadence vers la fin — de la droite, de la droite et encore de la droite.

L'ancien champion du monde a perdu le huitième round, mais a repris du poil de la bête à la reprise suivante, puis envoyé Kuziemski brièvement au tapis — d'une droite évidemment — au 10e. Pascal s'est alors fait mal à la main et il a conclu le combat, du mieux qu'il a pu, avec deux membres mal en point.