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14/12/2012 09:42 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

De plus en plus d'Américains croient au réchauffement climatique

WASHINGTON - De plus en plus d'Américains pensent que le réchauffement climatique est un phénomène réel, qu'il deviendra un problème sérieux et que le gouvernement américain devrait agir pour le contrer, montre un nouveau sondage Associated Press-GfK rendu public vendredi.

Même les gens qui affirment ne pas faire confiance aux scientifiques de l'environnement pensent tout de même que les températures mondiales augmentent.

Le sondage montre que quatre Américains sur cinq pensent que les changements climatiques représenteront un problème sérieux pour les États-Unis si rien n'est fait dans ce dossier. En 2009, cette proportion était de 73 pour cent.

Cinquante-sept pour cent des personnes sondées estiment que le gouvernement américain devrait prendre des mesures face à ce problème. En 2009, cette proportion était de 52 pour cent.

Seulement 22 pour cent des sondés pensent que le gouvernement américain ne devrait rien faire pour combattre le réchauffement climatique, comparativement à 25 pour cent en 2009.

Au total, 78 pour cent des personnes sondées pensent que les températures augmentent, contre 75 pour cent trois ans plus tôt. Au fil du temps, la proportion d'Américains qui croient au réchauffement climatique a varié de 70 à 85 pour cent, selon les différents sondages AP-GfK.

Le plus grand changement dans le sondage concerne les gens qui font peu confiance aux scientifiques, voire pas du tout. Environ le tiers des participants au sondage se classent dans cette catégorie.

Au sein de ce groupe de sceptiques, 61 pour cent estiment maintenant que les températures ont augmenté depuis 100 ans. Lors du sondage AP-GfK mené en 2009, seulement 47 pour cent de ceux qui ne faisaient pas confiance aux scientifiques pensaient que la planète se réchauffait.

Il s'agit d'une évolution significative puisqu'en général, dans le passé, l'opinion sur les changements climatiques n'a pas beaucoup changé au sein des «groupes de base», comme par exemple ceux qui nient complètement le réchauffement climatique, ou encore ceux qui pensent qu'il s'agit d'un problème urgent, souligne Jon Krosnick, un sondeur de l'université Stanford.

M. Krosnick, qui a participé à l'élaboration des questions du sondage, souligne que les changements constatés entre 2009 et 2012 ne sont pas survenus chez les climatosceptiques purs et durs, mais plutôt dans le prochain groupe, formé de ceux qui ont de sérieux doutes sur les changements climatiques.

«Ils ne croient pas à ce que disent les scientifiques, mais ils croient à ce que dit le thermomètre», analyse-t-il. «Les événements aident ces gens à voir ce que les scientifiques pensaient qu'ils voyaient déjà.»

Phil Adams, un photographe indépendant à la retraite, se décrit comme «plutôt cynique» face aux scientifiques et à leurs théories. Mais il croit au changement climatique parce qu'il affirme l'avoir vu de ses propres yeux.

«En vivant pendant 67 ans, on voit de plus en plus de changements qui montrent que les températures sont plus chaudes», dit-il. «Les saisons sont plus rudes. Les tempêtes sont plus violentes. Le climat est clairement en train de se réchauffer.»

Même si 57 pour cent des personnes sondées pensent que le gouvernement américain devrait faire quelque chose contre les changements climatiques, seulement 45 pour cent croient que le président Barack Obama adoptera des mesures majeures durant son deuxième mandat. Ils sont 41 pour cent à penser que le président ne fera rien du tout.

Environ une personne sur quatre pense que les efforts pour freiner le réchauffement climatique vont nuire à l'économie américaine, comparativement à 27 pour cent en 2009, quand l'économie se portait plus mal. Seulement 46 pour cent des personnes sondées estiment que de telles mesures aideraient l'économie américaine.

Le sondage a été mené du 29 novembre au 3 décembre par GfK Roper Public Affairs and Corporate Communications auprès de 1002 adultes interrogés par téléphone. Il comporte une marge d'erreur de 3,9 points de pourcentage.