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14/12/2012 12:04 EST | Actualisé 13/02/2013 05:12 EST

Avigdor Lieberman, le provocateur de la droite israélienne

Le tonitruant et controversé ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, 54 ans, qui a annoncé vendredi sa démission après avoir été inculpé dans une affaire de fraude, nourrit l'ambition de devenir le chef de la droite.

Juste avant l'annonce des poursuites contre lui jeudi, il accusait encore mardi l'Union européenne de suivre une politique hostile aux juifs comme avant le génocide nazi, parce qu'elle condamnait des projets de colonies malgré "les appels à la destruction d'Israël", en référence à des déclarations du chef du Hamas, Khaled Mechaal.

Né dans la république soviétique de Moldavie, Avigdor Lieberman a émigré en 1978 en Israël, où il a travaillé un temps comme videur de boîte de nuit. Diplômé en sciences sociales de l'Université hébraïque de Jérusalem, il a effectué son service militaire.

Il a rejoint le Likoud, le grand parti de la droite nationaliste, dont il a gravi les échelons jusqu'à devenir directeur de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de son premier mandat (1996-1999).

Les médias l'ont alors affublé des surnoms de "Raspoutine" et de "KGB", en allusion à son comportement autoritaire et à ses origines, dont son verbe lent en hébreu conserve un lourd accent.

Mais là réside aussi l'atout de M. Lieberman, qui a créé en 1999 son propre parti ultranationaliste, Israël Beiteinou ("Israël notre maison"), capitalisant sur le vote du million d'Israéliens émigrés de l'ex-URSS, un socle électoral qu'il a considérablement élargi depuis.

Dans les années 2000, il s'est illustré par des déclarations à l'emporte-pièce, prônant ainsi un bombardement du barrage d'Assouan pour inonder l'Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël, en cas de soutien du Caire à la deuxième Intifada palestinienne.

Il est devenu en 2001 ministre des Infrastructures nationales dans le gouvernement du chef du Likoud Ariel Sharon, avant de détenir les portefeuilles des Transports puis des Affaires stratégiques.

Le retour au pouvoir de M. Netanyahu en 2009, et la performance de son parti, principal allié du Likoud avec 15 sièges sur 120, lui ont valu de devenir ministre des Affaires étrangères, malgré son style fort peu diplomatique.

Pendant la campagne électorale de 2008, M. Lieberman a ciblé les Arabes israéliens, qualifiant de "cinquième colonne" potentielle ces descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948 et représentant aujourd'hui 20% de la population.

L'une de ses idées iconoclastes est "l'échange de territoires, avec leurs populations comprises" qui ferait passer sous administration palestinienne une partie de la minorité arabe d'Israël en échange des colonies juives de Cisjordanie, un projet qu'il a exposé en septembre 2010 à la tribune de l'ONU, s'attirant un désaveu cinglant de M. Netanyahu.

Ecarté du processus de paix israélo-palestinien ainsi que du dossier crucial des relations avec les Etats-Unis, domaine réservé de M. Netanyahu, il s'est rabattu sur l'Afrique et l'Amérique latine, sans résultat diplomatique probant.

Résolument laïc, il n'est pas un partisan du "grand Israël", défendu par le lobby des colons, mais vit dans une implantation juive près de Bethléem, en Cisjordanie. Il se dit même prêt à déménager en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

Mais il considère cette perspective comme irréaliste et plaide pour "un accord intérimaire à long terme", une option récusée par les dirigeants palestiniens comme par la communauté internationale qui juge le "statu quo intenable".

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